Ne pas se tromper de cible !

Le ramdam et le tohu-bohu de ces derniers jours qui constituent une heureuse diversion pour les pouvoirs en place, ne doivent pas nous masquer l'âpre réalité politique et sociale du hold-up que la haute bourgeoisie d'affaires est en train de commettre...

...une main-mise sur tous les centres de décision économique et financier, la mise au pas des syndicats afin de limer toutes leurs griffes, le conditionnement des médias, presse écrite et informations audio-visuelles, un enfumage généralisé de l'opinion publique avec des billevesées (la politique de la ville) ou des coquecigrues (la suppression de la taxe d'habitation)...

En six mois, la république radicale-socialiste pépère de François Hollande a pris nettement l'allure du Consulat voire d'une monarchie de Juillet dans un écrin de start-up.

L'excessive centralisation du pouvoir exécutif et la quasi inexistence de son contrepoids parlementaire - dont on a pu récemment apprécié la pusillanimité avec la désignation du patron des "marcheurs" - constituent de graves dangers pour la démocratie.

Et ce ne sont pas les vociférations haineuses de Manuel Valls contre Edwy Plenel et Mediapart qui seront en mesure de venir purifier l'atmosphère, un fond de l'air qui se charge peu à peu de particules explosives et redoutables.

Dans ces conditions, on aimerait voir la presse satirique adresser toutes ses flèches là où il y a matière à toucher, à ébranler voire à détruire : les abus de pouvoir, les injustices pérennes, les dysfonctionnements des services publics, les mensonges et les forfanteries.

On souhaiterait que la presse provinciale s'affirme davantage en s'opposant au jacobinisme du pouvoir régalien et en exaltant le travail gestionnaire souvent formidable, des communes françaises, c'est à dire du seul pouvoir de proximité qui nous reste.

Il faut savoir terminer une polémique, même si elle a été acerbe...Il faut savoir résister.

Halte aux divisions, halte aux insultes, halte au feu !

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