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Billet de blog 22 novembre 2010

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Une gauche colorisée ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

A l'instar de ces montages d'archives que l'on a coloriées pour rendre plus accessibles/commerciales au grand public les émissions dites "historiques",le sympathique eurodéputé Jean-Luc Mélenchon a donné hier au Mans,lors du Congrès de son parti,une version colorisée de la gauche. "Je suis le bruit et la fureur,le tumulte et le fracas" a martelé ce lointain descendant de Danton,qui se défend d'être populiste. Crédité de 6,5% des voix dans les sondages,il avertit ses anciens camarades socialistes qu'il ne sera pas "un supplétif de circonstance" et qu'il ne participera "à aucune coalition contre nature".

Lorsqu'on analyse son discours,on y retrouve les grandes idées générales d'un programme de gauche,en particulier la nationalisation de l'eau et de l'énergie,le partage des richesses "en prenant tout ce qui dépasse au-dessus d'une certaine somme",bref en faisant plus payer le capital que le travail...le tout sur fond de drapeau rouge avec l'Internationale.

"Qu'ils s'en aillent tous" ,le titre de son livre devenu un best-seller,renvoie au "Tous pourris" de Coluche. C'est là où Mélenchon atteint sa limite,celle de l'inflation verbale un peu facile,celle de la démagogie. Car si l'on peut souscrire à sa dénonciation des injustices et à l'insuffisance notoire de l'opposition du PS au sarkozysme,on ne peut suivre le tribun du Front de Gauche dans ses élans guesdistes et dans sa volonté d'"échapper à la Papandréouisation de la gauche"...

Certes la gauche doit faire rêver. C'est son rôle,sa fonction organique. Mais une gauche moderne,toute anti-capitaliste qu'elle soit (et qu'elle doit être),est dans l'ardente obligation du pragmatisme,sous le triple parrainage de Jaurès ,de Blum et de Mendès-France. Sinon,elle ne sera pas crédible face au redoutable candidat qu'est Nicolas Sarkozy.

Cela étant,ne vaut-il pas mieux une gauche colorisée que pas de gauche du tout ?

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