...et ce n'est pas une simple figure de style lorsqu'on est accablé voire même terrifié par l'indifférence de l'opinion publique (y compris celle qui relève de la responsabilité des journalistes) face à l'accumulation des erreurs, des mensonges, des faux semblants, des ignominies voire des crimes contre la vie, qui font désormais l'ordinaire de notre menu quotidien !
Comment garder malgré tout un peu d'espérance et de goût d'exister dans ces conditions ?
Notre époque est sans doute la transition périlleuse entre un monde, dominé par l'injustice imposé par la loi du plus fort, à d'autres rivages, apparemment ensoleillés grâce aux progrès scientifiques et technologiques mais qui obèrent la pensée.
Et ce qui arrive aujourd'hui où tout s'inscrit pour réduire le pouvoir souverain de la raison, est une grande malédiction pour l'esprit* et son libre arbitre, car la réflexion reste aux abonnés absents.
Nous barbotons dans les égouts d'une civilisation qui, si elle a tant bien que mal, réussi à se débarrasser de l'emprise délétère de la religion chrétienne, subit néanmoins les sournois et furieux assauts d'un islamisme misogyne, galvanisé au pétrole.
Dans ces catacombes de l'humanité où il nous arrive parfois de nous arrêter pour saluer les ossements de tel ou tel de nos glorieux ancêtres, on relève le col de son manteau parce qu'il fait froid mais on ne s'y attarde pas.
Pourquoi d'ailleurs aller interroger un passé, qui ne nous a laissé que des taches et des problèmes non résolus ?
Le Styx charrie les flots du capitalisme ; nous y faisons de l'aviron.
Les "honnêtes gens" sont rassurés.
Et Boudu ?
* "une régression de la pensée" que vient de souligner Edgar Morin