Je ne suis pas végétarien, loin de là, mais si le pitoyable spectacle de la mise à mort des animaux continue à faire partie des conditions de la survie quotidienne en étant l'une des bases majeures de l'alimentation en protéines, je le deviendrais certainement...
Car ces images épouvantables, volées dans des élevages de poules où les volatiles sont entassés dans des compartiments exigus et grillagés, sans accès à la terre ni à l'air, bourrés de comprimés, d'hormones et d'antibiotiques, pataugeant dans leurs excréments et aussi foulant parfois les cadavres des poules décédées avant elles, sont à proprement parler intolérables.
Car ces plans mal cadrés, tournés à l'improviste par des téléphones portables, dans des culs de basse fosse où on égorge des cochons après avoir tenté de les assommer, sont intolérables.
Car la mise en place grand-guignolesque et macabre de ces vaches, pendues par une patte, que l'on soulève encore vivantes après les avoir étourdies, percées ou égorgées, est indigne de l'homme : elle est par conséquent intolérable.
Comment les êtres vivants de la même planète peuvent-ils se comporter ainsi ?
Comment les colocataires d'un même monde peuvent-ils s'infliger de telles souffrances ?
La condition humaine serait-elle assujettie et condamnée à la barbarie ?
La règle de la nature n'est pas forcément la loi de la jungle.
In vivo veritas.