Les casseroles...

Alors que toute la France sous muselière trépigne dans une démocratie anémiée, la lourde machine judiciaire se met en branle afin d'examiner les turpitudes d'un ancien président de la République...

...mais aura-t-elle la vitalité et le courage civique nécessaires pour que la Justice puisse passer ?

On peut évidemment en douter après le couac de l'affaire Bettencourt ("Mamy zinzin", vous vous rappelez ?) mais comme l'appareil judiciaire a pu accéder à une certaine indépendance depuis le quinquennat de François Hollande, grâce en particulier à l'action de son Garde des Sceaux Christiane Taubira, tous les espoirs sont permis...

Ce serait le signe que la Ve République moribonde respecte néanmoins le principe de la séparation des pouvoirs chère à Montesquieu, dont mon cousin-germain Jean Cathelineau avait fait son sujet de thèse avant de professer le droit à l'Université de Bordeaux.

Mis en examen dans une série d'affaires plus ou moins graves et délictueuses (dix affaires !), Nicolas Sarkozy va devoir rendre des comptes de ses actes cachés et des forfaitures qu'il aurait commises : il s'agit d'un événement exceptionnel, qui a peu de précédents dans notre histoire dans la mesure où les hauts dirigeants se sont toujours débrouillés pour éviter cette pénible échéance !

C'est le grand privilège citoyen et l'insigne honneur de la Justice que d'avoir à juger, en toute impartialité, les entorses à la loi républicaine ou les coups portés à la collectivité du peuple français...quelle que soit la nature ou la qualité du prévenu.

La justice des hommes n'est certes pas parfaite, mais si on l'exerce indépendamment des autres pouvoirs, elle peut être équitable et exemplaire.

Dans ce moment de grande confusion et de sombre détresse nationales, les casseroles d'un ancien président, en tintinnabulant sur les marches des prétoires, devraient sonner aux oreilles populaires comme le "ça ira" des sans-culottes.

Jus est ars boni et aequi*

* le doit est l'art du bien et du juste

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.