Cave canem !

C'est devenu le leitmotiv du jour , le refrain anxiogène de tous les médias : une vague de chaleur considérable est en train de s'abattre sur la France, de carboniser ce beaux pays...et on l'appelle "canicule", un mot qui nous vient du latin canicula, diminutif de canis "chien"...comme l'explique Alain Rey dans son dictionnaire historique de la langue française.

"Canicula, signifiant littéralement "petite chienne", est employé depuis Varron comme terme d'astrologie désignant Sirius, l'étoile principale de la constellation du grand Chien, d'après le grec kuôn, kunos "chien" (> cynique).

Le sens de "chienne" est un latinisme qui n'a pas vécu. Le mot s'est spécialisé en astronomie (1539, Constellation de la Canicule). Par métonymie, il s'est dit de la période de chaleur pendant laquelle cette étoile se lève et se couche en même temps que le soleil (1660). Par extension, il s'est répandu au sens de "très forte chaleur", son origine étant oubliée, et la première syllabe pouvant évoquer celle du latin calor.

Caniculaire adj. (1478) est emprunté au bas latin canicularis "de la canicule", de canicula. Il a suivi l'évolution de canicule et se dit assez couramment d'une chaleur extrême."

Ainsi je ne savais pas que ma petite chienne nini avait un rapport direct avec cette montée phénoménale du thermomètre et qu'il me faudrait dorénavant lui accorder plus d'attention lorsqu'elle est à la recherche de sa balle qui s'est perdue sous quelque meuble...

Ainsi je me doute bien que les pouvoirs publics ont choisi les trompes de l'inflation des mises en garde afin de se dédouaner par avance de l'impuissance des services publics anémiés et souvent débordés lorsqu'ils doivent faire face à un accident climatique...

Mais la chaleur excessive n'exclut pas la colère. Et qu'on se le dise :

les chiens mordent aussi.

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