La symphonie des brigands

Que Friedrich Fehér me pardonne de lui emprunter le titre de son mémorable film musical (1937)* qui a fait la joie des cinéphiles dans les années cinquante, notamment au Studio 28 à Montmartre, mais cette histoire de larcins cachés dans un orgue de Barbarie appartenant à de pauvres gens, me fait penser à la situation que nous sommes en train de vivre...

...en effet les débuts macroniens de ce quinquennat semblent placés sous le régime du brigandage !

L'héritier du trône vermoulu de la Ve République ayant l'ambition d'obtenir une médaille de bonne conduite européiste - sinon la croix d'honneur -  a donné comme consignes à ses affidés de tailler, de rogner, en un mot de raboter...non seulement tout ce qui pouvait l'être mais encore tout ce qui n'offrait pas de résistance effective à cette opération d'élagage.

C'est l'opération "Rabot de la Méduse" comme l'a qualifiée mon ami le Docteur Brami.

Et comme il ne s'agit pas de réduire le train de vie de l'Etat ni de modifier en profondeur tous les domaines où sévit la gabegie politicienne ( le mille-feuille administratif, le conseil économique et social, le sénat, etc...) on se retourne inévitablement vers les classes moyennes et les petites gens en grappillant de ci de là, quelques euros !

Quel bénéfice à retirer de cette baisse des APL alors que des sommes colossales sont englouties dans d'inutiles portiques ou dans des initiatives absurdes !

On préfère aller à nouveau serrer la ceinture des "salauds de pauvres" ou des "sans-dents" plutôt que de réduire l'arsenal nucléaire ou de mettre à contribution la haute bourgeoisie fortunée qui ne cesse d'accroître ses profits...

De belles âmes nous répètent à l'envi qu'il serait grand temps de solder les erreurs et le laxisme de toutes les présidences qui se sont succédées depuis la fin des "trente glorieuses" ; qu'il faut absolument réduire la dette de la France car il est dangereux de vivre à crédit ; que notre épargne est beaucoup trop importante, etc...

Il faut arrêter le brigandage, instaurer une véritable justice fiscale et ne plus prendre les citoyens pour des moutons.

La moralisation de la vie publique exclut le vol et l'arnaque.

Avoir enfin le courage de réformer.

* la musique du film est d'Alfred Tokayer

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