Ce fut le titre d'un film (excellent) de Maurice Pialat. C'est aujourd'hui un mot qui recouvre une réalité bien problématique...
En effet,lorsqu'on a vu les expulsions brutales des familles de Roms comme au temps de la rafle du Vel d'hiv, lorsqu'on observe les comptages (absurdes) des manifestants, lorsqu'on assiste à des mises en scène de guérillas urbaines avec hélicoptères et flash-balls, les "déblocages" musclés des dépôts de carburants,etc on est en droit de se poser la question : quel rôle joue la police d'un état démocratique ? Est-ce un corps de fonctionnaires au service de la collectivité tout entière ou bien la garde prétorienne du pouvoir ? Autrement dit,les policiers sont-ils les gardiens de la paix civile ou bien les hommes de mains d'un clan qui s'est arrogé le pouvoir absolu. Un pouvoir autosatisfait qui ne tolère ni discussion ni négociation ? Grave question. La police est-elle républicaine ?
Et lorsque Mélanchon s'interroge sur l'instrumentalisation des casseurs après les cortèges de manifestants,il y a effectivement matière à réflexion. Car plus on casse, plus il y a de désordre,et plus l'opinion risque de se retourner contre les manifestants. Et ce n'est pas une fiction d'imaginer les casseurs,quittant le champ des affrontements ,sortir de leur poche un brassard de police et le fixer à leur bras. La fin justifie les moyens.
Police ? Le mot vient du grec (polis = cité),certes. Mais ,comme l'a écrit Gracchus Babeuf :"Les maîtres,au lieu de nous policer,nous ont rendu barbares."