En ce jour anniversaire de la Déclaration de l'homme et du citoyen (26 août 1789),il n'est pas inutile de rappeler le message universel délivré par ces dix-sept courts articles,admirables d'écriture et de densité philosophique.
Les droits du citoyen,déclarés "naturels et imprescriptibles" sont un double hommage rendu à la pensée du siècle des Lumières,au déisme des philosophes et au naturalisme des physiocrates. Quels droits ? Ceux-là précisément que la monarchie a méconnus,fondé comme il l'était sur l'inégalité de la naissance et l'arbitraire politique,sources de l'insécurité et de l'humiliation.
Dans les sept lignes des premiers articles,tout est dit. D'abord l'égalité civile : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". Et puis ces droits eux-mêmes : la liberté,la propriété,la sûreté et la résistance à l'oppression. Reste la question du pouvoir,qui est transféré à la Nation : "Nul corps,nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément". Le reste du texte développe les conséquences de ces principes : égalité civile et fiscale,liberté individuelle,admission à tous les emplois,habeas corpus,non-rétroactivité des lois,liberté d'opinion,de parole et de presse,séparation des pouvoirs,garantie de la propriété privée...
Ce 26 août 1789,la France a dépassé l'exemple américain. Elle a donné à toutes les attentes de l'Europe "la Bible des temps nouveaux",comme l'a si bien dit François Furet.
Je réponds maintenant à la question liminaire. Si,nous avons encore quelques chose à déclarer : nous avons un président de la République qui se permet,avec sa politique ultra-sécuritaire (cf son discours de Grenoble), de bafouer ouvertement les grands principes de cette Déclaration.