La France est-elle condamnée à moisir ?

Hier dans la première circonscription de l'Essonne, lors d'une élection partielle, le candidat macronien a battu de plus de deux mille voix la candidate représentant l'opposition sous les couleurs de la France Insoumise...

...et cette consultation populaire a été marquée par 83% d'abstentions !

L'élection avait pour but de désigner le successeur de Manuel Valls, démissionnaire ; et si on se rappelle les conditions dans lesquelles il avait été élu de justesse contre Madame Amrani de LFI, on est étonné de constater l'écart important entre celui qui succède à l'ancien premier ministre et la candidate insoumise.

Pourquoi un tel écart aujourd'hui alors que la grogne contre la politique macronienne s'est peu à peu étendue à l'ensemble du pays ?

Pourquoi les électrices et les électeurs ont-ils désigné un politicien plutôt qu'une simple et valeureuse militante ? 

D'ailleurs qu'est-ce qu'un politicien sinon "un ingrat, a écrit Elisée Reclus, qui dépouille les pauvres pour donner aux riches, en n'oubliant pas de se servir au passage."

Il faut donc examiner cette situation autrement, et se demander si le logiciel politique de Mélenchon est bien adapté à la réalité sociale ?

Car si cet échec cuisant de la gauche parlementaire n'est pas profondément pris en compte par les groupuscules de l'opposition, la perspective des élections européennes pourraient bien dessiner les contours d'une véritable Bérésina !

En tout état de cause, il n'est pas interdit d'observer en parallèle la débâcle politicienne de l'Essonne et l'émergence libertaire de la grogne des "gilets jaunes" qui va probablement faire reculer l'autocratie bourgeoise...

Alors, si la gauche veut devenir la gauche, il est urgent qu'elle renoue le dialogue avec la France d'en bas.

Aujourd'hui où je souffle la 86e bougie de mon existence, puis-je me permettre  de répéter :

la lutte des classes n'est pas une cour de récréation.

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