Flash-back

Ayant atteint aujourd'hui le chiffre 87, je pourrais à l'instar de Guillaume Apollinaire avec sa "Jolie rousse", transmettre "la vie et de la mort ce qu'un vivant peut connaître"...me remémorer l'an Quarante, l'occupation, l'après-guerre, mon adolescence studieuse et militante, la fin de ma jeunesse volée par la guerre coloniale en Algérie, mes combats contre toutes les censures, etc...

...mais je ne tomberai pas dans cet exercice narcissique car je ne veux pas infliger à toutes celles et à tous ceux qui me font l'honneur de suivre ce blog, le fastidieux lamento des mémoires d'un vaincu.

Car il s'agit bien de cela et ce n'est pas par hasard que ce blog fait référence à Jacques Vingtras , ce personnage créé par Jules Vallès afin qu'il soit le porte-parole des "vaincus" de la Commune de Paris ayant échappé au massacres de la Semaine sanglante.

Aussi loin que remontent mes souvenirs (1937, l'expo universelle, le métro, la Tour Eiffel), c'est la dernière partie de mon enfance passée chez mes grands-parents maternels en Auvergne de 1941 à 1944 qui est la plus marquante grâce à son caractère de convivialité généreuse acquis par cette famille ayant d'indéniables racines communeuses.

Puis au lycée de Laon, cette ville perchée où mon père (grand Résistant militaire) avait été nommé, l'influence d'un jeune prof d'histoire-géo, André Prenant qui m'ouvrit les yeux et le coeur en m'indiquant la voie du militantisme politique...

Un engagement à l'UJRF d'abord avant mon adhésion au PCF que je serai dans la cruelle obligation de quitter en 1956 (Budapest).

Mais la conviction profonde de mon adolescence restera intacte et indélébile.

Tant et si bien qu'après un bref passage au PSU puis au CERES (dont je perçus trés vite la stratégie politicienne) et aussi après l'effroyable manif du métro Charonne dont le cauchemar vient parfois troubler mon sommeil, j'ai décidé de rejoindre les rangs anonymes des Jacques Vingtras qui ont choisi "la fraternité sans rivages".

C'est pourquoi j'ai consacré ces dernières années de ma vie à l'exploration de la Commune de Paris, dont je souhaite que le 150e anniversaire soit l'occasion de lui restituer sa juste mémoire.

Toujours à l'unisson avec Guillaume Apollinaire :

"Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières de l'illimité et de l'avenir" !

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