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Billet de blog 27 janvier 2023

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Ce dont je me souviens au sujet de Louis de Funès

Ayant eu la chance d'avoir bénéficié du soutien décisif de cet acteur qui m'a permis de réaliser mon premier film de long métrage, je voudrais à l'occasion du quarantième anniversaire de sa disparition, faire part de quelques souvenirs sur nos rapports amicaux en évoquant le tournage de "La vendetta" aux studios d'Epinay...

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...je l'avais rencontré au cours de l'été 1953 où j'avais été admis comme assistant-réalisateur stagiaire de Claude Autant-Lara qui tournait en Bretagne une adaptation du roman de Colette "Le blé en herbe". Il incarnait un tourneur forain de cinoche ambulant et, lors des pauses du travail de l'équipe, nous avions fait connaissance et sympathisé.

Intrigué par son nom "Louis de Funès de Galarza" je l'avais questionné sur ses origines ; il m'avait fait part de sa curiosité sinon de son vif intérêt sur l'histoire de Charles Quint au sujet duquel je venais de consacrer mon diplôme d'études supérieures...

Je l'ai revu à nouveau lors du tournage de "La traversée de Paris" où il incarnait l'irascible épicier Jambier.

Quelques années après, j'ai tenté d'oublier mon cauchemar de la guerre d'Algérie en réalisant mon premier film de long métrage : une comédie parodique et pataphysique mettant en scène quelques fantoches se disputant le pouvoir municipal d'un village corse.

Mais il fallait une affiche "commerciale" pour convaincre les financiers : c'est alors que j'ai sollicité Louis de Funès dont la cote n'avait cessé de monter et qui faisait un véritable triomphe dans "Oscar" au théâtre du Palais-Royal. J'ai imaginé et écrit pour lui le rôle d'un bandit d'honneur d'opérette à l'instar du Matteo Falcone de Mérimée. Et ce fût une collaboration fructueuse...

Pour qu'il puisse faire face à Francis Blanche, au comique statique et au cynisme imperturbable, de Funès m'a conseillé d'adopter un tempo rapide, réglé par un métronome, cet instrument qui l'avait accompagné tous les soirs lorsqu'il gagnait sa vie comme pianiste de bar.

Ainsi nous avons répété toutes les séquences impliquant le bandit d'honneur  au rythme imposé par le tic-tac de la petite boite !

Louis de Funès était persuadé de sa qualité fondamentale d'amuseur public ; c'est pourquoi il ne tolérait que les réalisateurs techniciens à qui il imposait son point de vue. D'où la longévité cinématographique du médiocre Jean Girault ...

Par ailleurs, il était ultra catholique et bien ancré à droite. Malgré tout, il était resté simple et tolérant. Un Candide agacé ?

" Excusez-moi, je suis un jardinier du rire" m'avait-il dit.

" Et...Paf !"

Jean A.Chérasse

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