Comment va le monde Môssieur ?

A l'instar du superbe western théâtral métaphysique de François Billetdoux qui nous avait ébloui en 1964, Emmanuel Macron nous a proposé hier à Biarritz, une réponse à la fois chatoyante mais bien creuse : "il tourne Môssieu"...

...car ce fameux G7 dont tous les médias mobilisés nous rabattent les oreilles, n'aura été en définitive qu'un large constat d'échec de toutes les tentatives pour réguler et harmoniser les gouvernances mondiales en faveur du bien public universel et de l'environnement climatique.

Et notre brav' président s'y est comporté comme l'Amiral Bordure de Jarry mais en devant faire face à deux Ubus, ce qui a mis durement à l'épreuve son don d'ubiquité !

Dans la pièce de Billetdoux dont j'ai emprunté le titre pour ce billet, quelques rescapés de l'univers concentrationnaire jouaient à "easy rider" pour marcher vers "le rêve américain", un rêve de liberté et de bienfaisance...

Dans la pièce qui vient de se jouer à Biarritz, il n'a été question que des plaies d'un monde asservi par le moloch capitaliste et de quelques misérables rustines apposées à la va-vite là où la purulence menaçait de se transformer en gangrène.

Au même moment mais à une encablure de l'arépoage des chefs, des dizaines de milliers de manifestants exprimaient la colère des peuples dominés, exploités et grugés, créant une gigantesque protestation qui n'a même pas été mentionnée dans le compte-rendu du G7 ; elle n'a guère été prise en compte par les journalistes présents sur les lieux.

Non Môssieu, le monde ne tourne pas bien...

Il est même sur le point d'exploser.

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