Ave Cesar: alea jacta est

Que dire de cette interminable soirée matraquée par la victoire écrasante du "Prophète",le film de Jacques Audiard ? Le vote des quelque 3000 membres de l'Académie ne saurait être sérieusement contesté. Il faut donc essayer de l'analyser, de lire entre les statuettes ce qu'il révèle de notre société.

Que dire de cette interminable soirée matraquée par la victoire écrasante du "Prophète",le film de Jacques Audiard ? Le vote des quelque 3000 membres de l'Académie ne saurait être sérieusement contesté. Il faut donc essayer de l'analyser, de lire entre les statuettes ce qu'il révèle de notre société.

D'abord,une évidence. A comparer notre cinéma avec l'éblouissante carrière d'Harrison Ford à qui un César d'honneur était attribué, nous prenons conscience du fossé qui sépare un cinéma de pur divertissement avec un cinéma de contenu. Hollywood se consacre au plaisir et au spectacle. Et nous,nous utilisons le cinéma comme un vecteur de réflexion sinon comme une arme de protestation sociale comme je l'ai déjà indiqué dans deux précédents billets.

Le triomphe du "Prophète" ne doit rien au hasard. Il s'agit d'un grand film politique comme l'a souligné en son temps Mediapart.Plus qu'une dénonciation banale du système carcéral, c'est une métaphore de la société du chacun pour soi dominée par la loi du plus malin ou du plus fort...

"La journée de la jupe",avec la belle performance d'Isabelle Adjani,met le doigt sur l'un des problèmes aigüs qui font notre actualité : le problème de l'école,de la violence qui s'y manifeste,de ce creuset sociologique qui devrait permettre l'assimilation,disons plutôt l'amalgame.

Deux grands absents du palmarès : "Welcome" (l'immigration), "A l'origine" (les délocalisations)

Alea jacta est,avait dit Caesar. Le cru 2009 du cinéma français nous propose une lecture lucide de notre présent.

 

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