Le cri de Robespierre

Le 10 thermidor an II (28 juillet 1794), mourait l'une des personnalités les plus remarquables de la Révolution française, l'un des hommes politiques français le plus calomnié et le plus stigmatisé : Maximilien Robespierre.

Le 10 thermidor an II (28 juillet 1794), mourait l'une des personnalités les plus remarquables de la Révolution française, l'un des hommes politiques français le plus calomnié et le plus stigmatisé : Maximilien Robespierre.

Afin de commémorer ce triste anniversaire, je vais me permettre de citer quelques lignes d'un texte magnifique de Slavoj Zizek, intitulé "Robespierre : entre vertu et terreur"* :

"Quelques instants avant l'exécution de Robespierre, le bourreau remarqua que sa tête ne pourrait pas passer dans la lunette de la guillotine, à cause des bandages qui enveloppaient sa blessure à la mâchoire, aussi les arracha-t-il avec brutalité ; de la gorge abîmée de Robespierre jaillit alors un cri perçant et épouvantable, que trancha net le couperet tombant sur sa nuque. Le statut de ce dernier cri est légendaire : il a suscité tout un éventail d'interprétations, la plupart autour du cri inhumain et terrifiant de l'esprit malin parasitaire, qui exprime une ultime protestation impuissante au moment où il perd possession du corps humain qui l'abritait - comme si, à ce moment dernier, Robespierre s'humanisait, rejetait le personnage qui avait incarné la vertu révolutionnaire et réapparaissait comme un être humain misérable et terrifié."

"L'incorruptible" était un homme clairvoyant, honnête et sincère, tout entier dévoué à la cause révolutionnaire dont la pureté pose problème, comme l'a bien analysé Ruth Scurr dans un livre intitulé "Fatal Purity", paru à Londres en 2006. Concernant sa responsabilité dans "la Terreur", elle est certaine mais elle n'est pas exclusive. On lui fait à ce sujet un procès d'intentions indigne et absurde car ce sont les "Thermidoriens" (c'est à dire ceux qui profiteront de l'élimination de Robespierre, de Saint-Just, de Couthon et de leurs compagnons) qui avaient du sang sur les mains !

C'est pourquoi je déplore l'attitude des Conseillers de Paris du Parti socialiste qui ont refusé de donner le nom de Maximilien Robespierre à une rue de la capitale. De cet homme que l'on peut considérer comme l'un des fondateurs de la République et qui disait encore, à la veille de son arrestation :

"Elle existe, cette passion tendre, impérieuse et irrésistible, tourment et délire des coeurs magnanimes ; cette horreur profonde de la tyrannie, ce zèle compatissant pour les opprimés, cet amour sacré de la patrie, cet amour plus sublime et plus saint de l'humanité, sans lequel une grande révolution n'est qu'un crime éclatant qui détruit un autre crime ; elle existe, cette ambition généreuse de fonder sur la terre la première République du monde."

* Stock (coll "l'autre pensée") 2008

 

NB/ il existe une association des amis de Robespierre, l'AMRA, qui a pour but la création d'un musée de l'incorruptible à Arras (pour la joindre, alnc@laposte.net ou bien amisderobespierre@orange.fr)

Je dédie ce billet à mon oncle Maximilien Robespierre Guerrier, qui est mort centenaire. Il fût mon instituteur.

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