La conscience écologiste

Lorsque Zola avait publié son "J'accuse !" afin de prendre l'opinion publique à témoin dans une affaire Dreyfus que le haut-état major de l'Armée essayait de dissimuler pour mieux perpétrer sa forfaiture, on avait dit que son acte était un "moment de la conscience humaine" ; le départ du gouvernement de Nicolas Hulot n'est-il pas un moment de la conscience écologiste ?

En effet pourquoi persister à figurer dans une équipe qui exécute, sous la coupe d'un autocrate des beaux quartiers, une politique ultra-libérale au service des classes dominantes, dans un carcan économique européen totalement cornaqué par les règles du capitalisme ?

Il y avait bien cette vieille idée que l'on pourrait sans doute modifier les termes de l'équation en agissant à l'intérieur du dispositif, mais l'expérience historique a pourtant démontré l'inefficacité de cette stratégie...

Aussi faut-il voir dans le clash Hulot, non pas l'effet d'une saine colère ou la conséquence d'un coup de sang, mais plus profondément le constat d'une impuissance et d'un échec prévisibles : l'impossibilité de lutter contre la force des choses.

En l'occurrence cet événement ne relève pas d'une simple péripétie de la problématique de l'Etat mais il concerne la vision politique tout entière de la classe sociale qui a accaparé le pouvoir : la haute bourgeoisie.

Comme il ne s'agit rien moins que de la survie de la planète, on peut légitimement penser que cette "France d'en haut" qui gouverne n'a aucune raison de craindre cette attitude politique "à la Gribouille" dont l'issue est plus qu'incertaine...

Alors, pourquoi continuer à donner le change, à s'abriter derrière des faux semblants, à enfumer ?

Parce que la doxa capitaliste exige le court terme, le profit immédiat, le pillage matériel et humain.

J'aurais aimé que Nicolas Hulot donne à sa nécessaire démission, la forme d'une prosopopée militante ou d'un pamphlet humaniste. Mais son geste n'est-il pas le premier grand accroc du macronisme ?

J'accuse ?

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