"Nous ne sommes pas prisonniers. Nuls traquenards ni pièges ne sont autour de nous disposés ; rien n'est là qui doive nous faire peur ou nous torturer. Nous sommes placés dans la vie comme dans l'élément auquel nous correspondons le mieux, et, de surcroît , grâce à une adaptation millénaire, nous en sommes venus à ressembler à cette vie, au point que, lorsque nous restons immobiles, c'est à peine si, par un heureux mimétisme, nous nous distinguons de tout ce qui nous entoure.
Nous n'avons pas de raison d'avoir de la méfiance contre notre monde, car il n'est pas contre nous. S'il est en lui des effrois, ce sont nos effrois ; s'il est en lui des abîmes, ces abîmes nous appartiennent ; des dangers se trouvent-ils là, nous devons essayer de les aimer. Et, pour peu que nous disposions notre vie selon le principe qui nous conseille de nous tenir toujours au plus difficile, alors ce qui nous paraît aujourd'hui encore le plus étranger nous deviendra le plus familier, le plus fidèle.
Comment nous faudrait-il oublier les vieux mythes qui se trouvent au commencement de tous les peuples, ces mythes des dragons qui, à l'instant suprême, se métamorphosent en princesses ? Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui attendent, simplement, de nous voir un jour beaux et vaillants. Peut-être tout l'effroyable est-il, au plus profond, ce qui, privé de secours, veut que nous le secourions."
Ce texte a coloré mon adolescence et il m'a accompagné depuis lors...
C'est pourquoi je reste néanmoins optimiste.
Jean A.Chérasse
Ps/ ce billet est dédié à mon amie Hélène