Une Europe bien peignée...

Le grand exercice scholastique d'Emmanuel Macron devant "le bois sacré" de Puvis de Chavannes, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, nous révèle le véritable dessein des classes bourgeoises du vieux continent : tenir les peuples en laisse !

Pour tenter de réanimer cette "Union européenne" qui n'en finit plus de roupiller sous des monceaux de paperasses, le jeune et sémillant Président français a choisi de faire consacrer et valider sa jactance par le temple poussiéreux de l'Université.

Dans une allocution de près de deux heures, Emmanuel Macron ne s'est guère montré innovant et iconoclaste puisqu'il a entériné le fait que le "marché commun" issu du traité de Rome, avait peu à peu fait place à une "Europe à plusieurs vitesses" et que les oligarchies communes désireuses de créer un "noyau dur d'une Europe intégrée" , devaient impérieusement s'orienter vers une Union économique et monétaire.

Mais attention ! Il ne s'agit en aucun cas de mutualiser les dettes des Etats tant qu'un jeune sur cinq sera au chômage dans la zone euro, il n'y a aucun mécanisme qui par magie résoudrait les problèmes que crée le capitalisme.

"Nous avons besoin de convergence et de stabilité par les réformes nationales, mais aussi par une coordination de nos politiques et un budget commun. Si l'on veut réduire les divergences et développer nos biens communs, nous nous devons de les financer..."

Quant à la représentation démocratique des peuples, on pourrait se contenter de listes transnationales pour la moitié du Parlement. Ce qui est un modeste pas vers la négation des formations politiques proprement européennes, ainsi qu'une timide ébauche du fédéralisme.

Alors, que faire de véritablement neuf pour redonner du souffle à cette baudruche onéreuse et discréditée ?

Créer de nouvelles structures, fonds européen de défense, force commune d'intervention, académie européenne du renseignement, office européen de l'asile, agence de sécurité alimentaire, etc...c'est à dire ajouter de la bureaucratie à la bureaucratie.

En macronie l'imagination est bien au pouvoir !...

Oscillant entre la conception régalienne de Charles-Quint et la coordination commerciale fructueuse de la Ligue hanséatique, Emmanuel Macron s'est contenté de mettre des bigoudis à l'Europe des privilégiés et des nantis et de lui faire une "permanente".

Le peuple, lui, reste hirsute.

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