...car ce jour là, le 10 thermidor an II, prenait fin la Révolution française avec l'exécution de Robespierre, de Saint-Just et de Couthon.
Et la véritable république, induite par les sans-culottes et le peuple laborieux des campagnes, était confisquée au bénéfice exclusif d'une classe sociale et de ses intérêts.
C'est ainsi que le sang de la Bastille se coagulera avec les Thermidoriens, le Directoire, le Consulat et l'Empire jusqu'à la Restauration de la monarchie...et les révolutions du XIXe siècle, marquées par les tentatives d'un retour de la République, n'aboutiront qu'à l'autocratie impériale qui sera brisée par l'invasion prussienne de 1870.
Après le massacre des Communeux, la bourgeoisie hésitera quelques années entre le trône et l'assemblée, puis s'apercevant que le régime républicain était parfaitement en mesure d'assurer le conservatisme, les privilèges des possédants et le profit, elle optera pour le système parlementaire dont elle contrôlera le fonctionnement, et qui sera protégé par un bouclier policier sinon militarisé.
En fait, cette république bourgeoise est un leurre républicain et son cinquième avatar, qui est l'héritage empoisonné du gaullisme, n'a fait qu'accentuer le caractère para-monarchique du régime...
Les CRS ont certes remplacé les mercenaires Suisses des Tuileries, mais nous sommes toujours dans un sillage thermidorien, à la merci des humeurs du prince et de plus en plus anesthésiés par les mensonges d'Etat...
Comme l'a hurlé un des célèbres prisonniers de la Bastille : "Français, encore un effort si voulez être républicains !"