Le syndrome Ravaillac

La tragédie niçoise, qui hélas, est la suite de bien d'autres monstruosités fanatiques, nous rappelle que le même phénomène terrifiant s'est déjà produit dans l'histoire et que nous aurions intérêt à les analyser afin de pouvoir envisager de les éradiquer...

...c'est le 14 mai 1610 que François Ravaillac, un fanatique catholique exalté, poignarda Henri IV à Paris ; il était mu par l'irrépressible haine du courant catholique ultra vis à vis des protestants, dont le roi incarnait la tolérance d'une coexistence entre les deux religions.

Comme l'établira son procès, son acte monstrueux n'était pas instrumentalisé par une congrégation ou un parti, mais il était l'effet d'une conviction personnelle qui avait poussé cet individu fanatisé à commettre un régicide...

Depuis la chute militaire de Daech, le terrorisme islamiste relève plus du syndrome Ravaillac que des opérations téléguidées depuis le proche ou le moyen Orient : il est ainsi devenu totalement imprévisible car il peut dans la majorité des cas, échapper à toutes les surveillances.

Il faut donc le combattre autrement que par la force armée ou les grandes démonstrations officielles de compassion, largement diffusées par les médias qui profitent de l'occasion pour glaner de l'audience.

Après la "révocation de l'édit de Nantes" qui a provoqué une émigration massive des protestants et les sinistres dragonnades, les catholiques avaient bien compris qu'ils ne pouvaient conserver leur suprématie qu'en tolérant l'exercice de la religion réformée et en orientant peu à peu la société vers une convivialité laïque ; la Révolution française de 1789 a entériné cette politique, qui a mis un terme à cet affrontement absurde entre Chrétiens.

Aujourd'hui où le terrorisme islamiste risque de faire basculer l'opinion publique dans le soupçon voire la haine des musulmans, il serait stupide de les stigmatiser en les impliquant, mais il est indispensable de trouver les moyens idoines pour combattre et réduire cet obscurantisme et ce fanatisme, indignes de la condition humaine.

La force de l'esprit chasse les ténèbres de la religion.

Nb/ il y a 150 ans, la première insurrection communaliste parisienne (menée par Blanqui et Flourens) échouait suite à l'intervention inopinée des mobiles bretons "du coeur de Jésus" du général Trochu, qui prenaient possession de l'Hôtel de Ville en passant par un souterrain : cet épisode fait l'objet d'un chapitre, intitulé "la première Commune", dans le volume 2 des "72 Immortelles" (éditions du Croquant)

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