Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Cette question que Jacques Brel chantait en 1977 se pose à nouveau aujourd'hui où la gauche en miettes passe son temps à cultiver ses contradictions et ses différences plutôt que de s'unir pour l'inlassable combat en faveur de la justice sociale et de la dignité humaine...

                                                    "Demandez-vous belle jeunesse

                                                      Le temps de l'ombre d'un souvenir

                                                      Le temps du souffle d'un soupir

                                                      Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?"

 

C'était un 31 juillet de 1914, cette année fatidique qui marqua le début de la grande barbarie humaine et des hécatombes du siècle dernier. Jean Jaurès, leader charismatique socialiste, député et directeur du journal L'Humanité , s'était attablé dans la salle du café du Croissant pour dîner avant d'aller rejoindre son bureau pour écrire l'éditorial destiné au journal du 1er août. Mais peu de temps après le début du repas, un cinglé du nom de Raoul Villain, s'approcha de lui et lui tira deux balles de revolver dans le crâne... Il avait cinquante-quatre ans.

L'assassin dont l'enquête dira qu'il était "mentalement dérangé", était poussé comme un fétu de paille par la grande vague de chauvinisme nationaliste qui avait immergé la population à la suite de l'attentat de Sarajevo, puis avec l'embrasement général des nations européennes provoqué par le choc frontal de puissants intérêts capitalistes concurrents...

Jean Jaurès est donc la première victime de l'affrontement des impérialismes économiques et financiers du XXe siècle.

Ainsi l'une des rares voix de la conscience humaine pour le maintien de la paix était-elle réduite au silence !

La voix d'un grand intellectuel, qui avait consacré sa vie à défendre les exploités et les humiliés par ses écrits percutants, ses discours flamboyants et son action politique à la tête de la SFIO (section française de l'internationale ouvrière).

A l'instar de Gustave Flourens et de Jules Vallès, il avait rejoint les rangs du peuple à qui il rendait hommage en 1907 lorsqu'il écrivait :

"Tout ce qui est noble et sensé dans le pays ralliera la grande idée civilisatrice du prolétariat, et c'est en ce sens que le suffrage universel est pour le socialisme et pour la classe ouvrière une force nouvelle dont nos aînés aux jours de la Commune, ne pouvaient soupçonner l'efficacité."

Puisse cet anniversaire nous en faire prendre conscience...

Jaurès est immortel !

 

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