Être prof et se réunir par zoom

Aujourd’hui, nous avions une réunion importante à propos de la réforme du bac de nos terminales. Rendez-vous donné par l’IAPR pour un entretien sur Zoom à 14 h. Peu importe qu’on ait cours, il faut y être.

Aujourd’hui, nous avions une réunion importante à propos de la réforme du bac de nos terminales. Rendez-vous donné par l’IAPR (inspecteur d'académie pédagogique régionaux) pour un entretien sur Zoom à 14 h. Peu importe qu’on ait cours, il faut y être.

Comme tous mes collègues d’Ile de France, j’y suis. À 14h15, tout est à peu près en place. Les inspectrices se sont présentées (ben oui, il n’y a que des femmes) en indiquant bien leurs fonctions respectives, l’étendue de leur domaine (Versailles, Créteil, etc… ce dont on se contrefout totalement).

La réunion peut commencer, sauf qu’on entend des voix multiples d’enseignants qui n’ont pas coupé leurs micros et qui sont au téléphone pour régler des problèmes dont on comprend qu’ils ne peuvent pas attendre. Des trucs qui nous sont demandés : des partenariats avec des entreprises, etc.

La dame qui commande demande à ce que chacun coupe son micro. Un enseignant lui fait gentiment remarquer qu’elle en a la possibilité en tant qu’initiatrice de la réunion : il suffit qu’elle clique au bon endroit, et tout le monde est muet.

La réunion peut enfin commencer. L’inspectrice en charge s’en excuse, elle est en charge de l’enseignement par le CNED, mais elle va faire tout son possible. Elle partage son écran pour que nous puissions voir ses documents. Malheureusement, elle ne sait pas qu’elle aurait dû les télécharger auparavant et que nous ne pouvons voir que sa page de mails personnelle…

Tout-à-coup, un enseignant signale qu’on lui indique que la réunion zoom sera coupée dans trois minutes. 

Je n’ai pas enregistré la séquence suivante, je vous la livre de mémoire :

– Comment ? Mais la dernière fois j’ai tenu trois heures !

– Madame, c’est parce que nous sommes sur un Zoom gratuit.

– Comment ça sur un Zoom gratuit ? Ah, zut, il faut qu’on se reconnecte sur la bonne adresse, désolée. Que tout le monde se déconnecte, je vous envoie un nouveau lien.

– Vous l’avez reçu ?

– Madame, tout le monde s’est déconnecté !

J’ai quitté la « réunion » à ce moment-là, je ne peux pas vous raconter la suite. Ce n’est pas grave, ce sont juste les épreuves du bac de mes élèves, réformées…

Décembre 2020

Violencedutravail.com

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