Le bilan « pipeau » de la réforme du lycée général et technologique et ses enseignements

Le 4 juillet, Mediapart a diffusé un rapport interne de 282 pages destiné au ministre de l’éducation nationale, Benoît Hamon.

http://www.mediapart.fr/journal/france/040714/education-un-rapport-interne-dresse-un-sombre-autoportrait

Voici ce qui est écrit dans la fiche 9.3 « Premier bilan de la réforme du lycée général et technologique ».

« Dans le cycle terminal de la voie générale, le tronc commun conçu de façon à permettre les réorientations des élèves sans recourir au redoublement s’est rapidement trouvé affaibli par la réintroduction de l’histoire-géographie en série S. La hiérarchie des séries s’est dès lors maintenue, avec une série prédominante à partir de laquelle s’organisent des scénarios d’orientation, particulièrement évident lors que l’on compare l’âge moyen des entrants dans le cycle terminal des différentes séries. »

Ce paragraphe est totalement faux, sur un sujet où le diagnostic est simple à établir. Il ne peut s’agir que d’un choix conscient de diffuser la « langue de bois » en vigueur au ministre plutôt que la réalité. Pas forcément par celui qui a tenu le crayon, qui n’a peut-être, uniquement, pas pris le risque de faire autre chose que de retranscrire les éléments de langage qu’il convient de répéter.

Cependant ce paragraphe est extrêmement instructif, car il prouve des dysfonctionnements très importants. Il y a un refus de faire un vrai diagnostic sur le lycée à la rue de Grenelle. Il y a toujours des méthodes coercitives employées au plus haut niveau de la hiérarchie pour imposer des « éléments de langage évidemment faux ». Je vais détailler les conséquences à la fin de ce billet.

La conclusion de ce billet assez long est qu’il est vital pour la refondation de l’école que le ministre prenne le temps de comprendre les causes réelles de ce blocage, puis le résolve. Ensuite, la cause réelle de la hiérarchisation des filières pourra être diffusée. A partir de ce moment, l’analyse de plusieurs dysfonctionnements structurants portant sur le lycée ou sur le dispositif d’orientation pourra se faire sereinement. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Une erreur de conception du lycée due un diagnostic faux

 Le principe de la "réorientation des élèves sans recours au redoublement" était basé sur un diagnostic inexact. Avant la mise en place de la réforme, tous celles et ceux qui avaient une vision fonctionnelle du lycée savaient qu’il  ne serait ni plus ni moins difficile de changer de filière générale entre la Première et la Terminale, avant ou après la réforme du lycée de 2009.

Voici l’état des lieux des possibilités de changement de filière entre la Première et la Terminale avant la réforme.

De S vers L : possible sans avoir à travailler pendant les vacances ( 1% concernés ), de S vers ES : possible à condition de rattraper les fondamentaux de SES pendant les vacances (1 pour mille),

ES vers L possible (je n’ai pas les statistiques). L et ES vers S (impossible).

La raison est simple. Les filières L, ES et S s’appuient sur les mêmes fondamentaux d’expression littéraire. Elles demandent les mêmes capacités de rédaction, celles nécessaires pour faire des études supérieures littéraires. Les concepts en maths qu’il est indispensable d’avoir acquis pour suivre le cours, sont plus nombreux en S qu’en ES, en ES qu’en L. Les écarts entre les exigences de chacune des deux filières sont trop importants pour qu’il soit possible de les rattraper pendant les vacances ou pire, comme c’était imaginé sur le papier, en cours d’année. D’où, la réalité qu’il est possible de passer d’une filière vers une autre filière qui a moins d’exigence en maths et pas le contraire. Aucune solution d’organisation ne permet de faire autrement.

La réforme a constitué en un tronc commun entre les filières L, ES, S qui était présenté comme facilitant le changement de filière pendant la classe de Première, ou entre la Première et la Terminale. 

Outre le sport et les langues, le tronc commun regroupait des matières liées à « l’expression littéraire », c'est-à-dire les matières dont les fondamentaux sont identiques en L, ES, S. Avant la réforme de Chatel, le programme d'Histoire-Géo était moins étendu en S qu'en L.  Cela n'avait jamais gêné l'élève de Première S qui choisissait de passer en Terminale L.  Les connaissances en Histoire-géo de Première n'étaient pas au programme du bac et l'élève avait les fondamentaux d'expression écrite et de méthodologie d'apprentissage nécessaire pour réussir l'année de Terminale L.

Le tronc commun ne changeait absolument rien au problème de la hiérarchisation des filières et aux possibilités de passer d’une filière à l’autre. En effet, les maths, la matière qui conditionne les limitations n’était pas dans le tronc commun. C’était une solution totalement hors-sujet

Par ailleurs, imaginer que plus de 0,5% des jeunes d’aujourd’hui sont prêts et capables de récupérer seuls des fondamentaux d’une matière pendant les vacances était évidemment  une vue de l’esprit.

Pourtant, il existe une solution simple qui permet de changer de « dominante » sans redoublement. En plus, cette solution permet de casser la frontière avec les filières technologiques. L’élève choisi  son « parcours en expression littéraire », son « parcours en mathématiques » et sa « dominante », séparément. L’élève pourra choisi la dominante « approfondissement littéraire » avec n’importe quel parcours mathématiques. La faisabilité des emplois du temps doit être vérifiée : il me semble que les contraintes sont gérables.

Pour le détail des explications, tout est expliqué dans ce billet.  25/08/2013 – Une proposition pour le futur lycée général

Le vrai moteur de la hiérarchisation des filières

Le moteur de la hiérarchisation des filières n’est pas celui des éléments de langage imposés par la direction de l’éducation nationale.

Les très bons élèves vont généralement en S, car c’est une filière généraliste qui laisse toutes les portes ouvertes après le bac. Elle exige le même niveau que la filière L, pour l’expression littéraire : 25% des élèves d’ hypokhâgne, la plus sélective des filières littéraires ont un bac S. La filière S est celle qui a le plus haut niveau d’exigence en maths. Elles ouvrent la porte des filières où pour y réussir, il faut avoir une bonne capacité logique et une maîtrise d’outils mathématiques.

L’élément de langage « tri par les maths », malheureusement à la mode chez de nombreux journalistes, donne une représentation inexacte de la réalité de ce qui se passe vraiment dans l’enseignement français.

La manière sur laquelle s’appuie la mise en échec des élèves est le français, pas les maths. Ceux qui ont des lacunes en lecture et en expression en arrivant en 4ème ne peuvent  réussir aucun contrôle, à cause d'une doctrine pédagogique (par ailleurs inefficace) qui impose de vérifier dans toutes les matières la capacité de rédaction plutôt que les connaissances. Aussi, ces élèves se retrouvent inéluctablement dans la spirale de l’échec pour aboutir en fin de 3ème avec des savoirs extrêmement faibles et une estime de soi détruite. La décision d’autoriser la 2nd générale se fait sur la capacité d’expression et non pas sur le niveau en maths. Plusieurs filières du lycée général et technologique sont accessibles avec un faible niveau en maths. A la fin de la 2nde générale et technologique,  ce sont les capacités d’expression qui ouvrent l’accès à une filière générale, et la non-relégation dans une filière technologique.

Ensuite, il y a un tri sur la capacité d’assimiler des concepts de Maths entre la filière L, la filière ES et la filière S. Les expérimentations indiscutables à l'étranger montrent qu'il faut au moins deux parcours avec des niveaux d’exigences différents en maths au lycée. Par contre, il n’y a aucune raison de relier le parcours en maths avec la « dominante » comme le fait le lycée français. Si on autorise, le niveau renforcé de Maths avec la dominante « Sciences économiques et sociales » ou « approfondissement littéraire », le problème de la hiérarchisation des filières est résolu. Si la dominante « Sciences Physique » est accessible à ceux qui ont pris le niveau normal de « maths », il n’y a aura plus de prestige des sciences physiques car celui-ci sera moins sélectif que le niveau « approfondissement littéraire » qui sera forcément lié au niveau avancé « du parcours d’expression littéraire ».

Les particularités sélectives de l’expression littéraire et des maths s’expriment différemment. Ceci s’explique par la différence de construction de la compétence en « expression littéraire » et de la compétence  «mathématiques ».

La compétence littéraire à deux paliers, le premier «  arriver à exprimer ses idées et faire des démonstrations en parfait français, sans fautes d’orthographe », le deuxième « arriver à caser des mots-clés et faire des paragraphes équilibrés en respectant les codes artificiels d’expression nécessaires aux études littéraires ».  Théoriquement l’admission en 2GT nécessite d’avoir atteint le premier palier.  Un étudiant qui arrive en L1- Histoire à l’université et qui a un quart des connaissances d’histoire de ses  petits camarades, mais qui maîtrise les exigences du deuxième palier, réussira.

Contrairement à ce que croit le grand public, il est possible d’avoir une bonne culture générale, une capacité très forte de comprendre la nature humaine dans sa diversité et de faire un blocage devant les exercices du deuxième palier. Cela arrive, par exemple, à certains surdoués. J'en ai rencontré trois, dans ce cas. J'ai connu l'un d'eux, quand il était ouvrier dans un atelier de maintenance de matériel ferroviaire que je dirigeais. Il avait arrêté ses études au CAP. Pourtant il avait une capacité de trouver des solutions simples prenant en compte l'humain dans les problématiques d'organisation, impressionnante. Il m'a beaucoup appris. Une autre a eu la chance de traverser le lycée quand le bac E n'avait pas encore été supprimé. Le dernier est passé de justesse avant la réforme Chatel en s'appuyant sur son pôle scientifique. La discrimination de ceux qui s'appuient sur leurs compétences scientifiques pour réussir existait déjà, mais n'avait pas atteint le paroxysme de la réforme Chatel.

La compétence « mathématiques » se construit comme un mur de briques, où il faut avoir acquis les briques des notions précédentes pour réussir.  Il est impossible d'assimiler une notion  sans avoir assimiler d'autres notions. Il est impossible d’étudier les dérivées sans avoir vu les notions de continuité, etc.. La supériorité fonctionnelle des « mathématiques » et qu’il est possible de mettre une échelle sur le niveau d’acquisition des concepts. La capacité logique d’un élève peut se mesurer avec une échelle linéaire, contrairement à la capacité littéraire. Les écarts sur les notes en mathématiques (sur des exercices non ambigus, avec barème pertinent et correcteurs qualifiés) sont faibles, contrairement à celles concernant les matières littéraires.  Comme l’esprit humain aime bien ce qui se mesure, ce critère est utilisé dans l’accès aux formations supérieures, y compris parfois, là où ce n’est pas justifié par la nature de la formation. 

Cependant la sélection par l'expression littéraire est plus brutale, plus définitive et parfois totalement injustifiée. C'est une hérésie de mettre au collège dans les matières autres que le français, des contrôles qui excluent ceux qui ont des lacunes en lecture et en expression. C'est une discrimination injuste d'interdire les maths de S aux élèves qui aiment les défis qui demandent une bonne conceptualisation et qui ont la capacité d'expression exigée pour les filières technologiques et une maîtrise de l'orthographe, sous prétexte qu'ils n'ont pas le potentiel de faire des études supérieures littéraires. 

Le tronc commun n’influe pas du tout sur le mécanisme qui crée la hiérarchie des filières. Il s’agit d’une réponse hors sujet. La solution est de déconnecter le « parcours en maths » de la « dominante », comme je l’explique dans le billet déjà cité plus haut. 25/08/2013 – Une proposition pour le futur lycée général

Le mensonge volontaire sur l’impact du report de l’histoire-géo de Terminale S

Le report de l’histoire-géographie de Terminale S en Première S  a servi de base à une fausse polémique autour des scientifiques qui seraient transformés en incultes.

Il se trouve que les heures de Terminale S n’avaient pas été supprimées, mais reportées en Première S. La légère diminution d’une demi-heure est proportionnellement moindre à ce qu’ont perdu les autres matières. Par ailleurs, la manière d'enseigner l'histoire géo au lycée ne permet nullement de se construire une culture générale. Il s'agit d'un exercice scolaire qui consiste à recracher des faits appris en mémoire courte dans un cadre qui sert de prétexte. Il s'agit d'une préparation pour ceux qui veulent faire des études littéraires, non pas l'acquisition de repères historiques et le goût pour l'auto-construction d'une culture générale. La culture générale se construit à l'âge adulte par le visionnage de documentaires, la visite des musées ou la lecture.

Ce report posait deux difficultés :

- La principale difficulté de ce report était liée aux trop grand nombre d'heures de cours faisant appel à des compétences littéraires en Première S: 4heures d'histoire géo, plus que les 3h de Physique-Chimie. En effet, si on ajoute le française (5H), les élèves avaient 9H de cours conduisant à 2 épreuves anticipées comptant pour le bac. Or, environ 50% des élèves parmi les plus fins font un blocage devant les codes d'expression  de l'exercice littéraire en France, car ils les perçoivent, à juste titre, comme artificiels. Savoir recracher des éléments dans des paragraphes équilibrés suivant des règles, n'a rien à voir ni avec la compréhension (au contraire), ni avec l'utilisation des règles de l'orthographe.

- Le mélange dans la même classe des jeunes de 1ère S qui avaient un bac-corvée sur la matière à la fin de l'année, et des jeunes de 1ère L qui envisageaient des études littéraires et qui avaient le bac l'année suivante, posait de vrais problèmes aux enseignants.

Par contre, cela ne changeait rien pour les possibilités de réorientation d’une filière à l’autre. L’affaiblissement du tronc commun qui ne servait à rien n’a eu aucune conséquence ni sur la facilité de réorientation, ni sur la hiérarchisation des filières.

Ces difficultés justifiaient le rééquilibrage de la matière entre la Première et la Terminale décidé par Vincent Peillon. Toutefois, il n’aurait jamais du faire céder aux pressions corporatistes indécentes en donnant une demi-heure de plus à la matière et il aurait dû rééquilibrer dans l’autre sens les matières scientifiques anormalement concentrées sur l’année de Terminale. 

Pourquoi j’affirme qu’il s’agit d’une langue de bois imposée par une hiérarchie ?

J’ai l'habitude de communiquer pour changer les représentations d’un groupe sur un sujet. Pour un sujet où l’analyse est aussi limpide, il suffit d’expliquer pour qu’une personne change d’avis. Six mois après la mise en place de la réforme, tout le monde devait être convaincu de l’inefficacité du tronc commun. La seule explication pour que cela n’ait pas été le cas est « qu’il n’était pas politiquement correct de le dire ».

Pourquoi j’affirme que les conséquences sont graves ?

- Raison 1: Les enseignants qui doivent aider les élèves à l’orientation sont mis dans une situation d’injonctions contradictoires. Ce qu’on leur demande de dire aux élèves et aux parents, n’est pas la réalité. Ceci a des conséquences sur la motivation, la capacité de créer des dynamiques dans les équipes pédagogiques, la capacité de donner les bons conseils pour s’orienter.

- Raison 2 : Dans l’administration en générale, dans l’éducation nationale en particulier, il est nécessaire que toutes les personnes concernées aient une compréhension partagée des enjeux pour réussir une réforme, ou faire marcher correctement une organisation. Ici, non seulement le diagnostic est faux mais il est accompagné d'une intimidation de la hiérarchie. Il faudra du temps pour que le sujet redevienne apaisé.

- Raison 3 : Le nouveau lycée a un autre dysfonctionnement grave plus complexe à expliquer, car son analyse demande une connaissance de la manière dont se construit la connaissance scientifique :  L’inadéquation de la doctrine pédagogique utilisée pour les programmes de technologie et de sciences physiques.  Or c’est la capacité de la France à affronter les changements sans précédents du monde qui est en jeu. Or il se trouve que c’est le même type de blocage qui est en jeu : une intimidation qui interdit de remettre en cause la doctrine pédagogique imposée par l’Inspection Générale, laquelle est inadaptée. En résolvant le premier problème, il sera possible de discuter posément sur le second. Dans la société française, il y a une acceptation tacite de dénigrer ceux qui s’appuient sur les maths pour réussir leur parcours. Alors que le lycée français les discrimine à cause de mauvais choix structurel, ils n’ont pas le droit de l’exprimer. Rappelons-le encore c’est l’expression écrite qui met dans la spirale de l’échec et est socialement discriminatoire, pas les maths. La discrimination contre ceux qui s'appuie sur les maths pour réussir leur parcours est une discrimination comme les autres que l’éducation nationale devrait combattre : ce qu’elle ne fait pas aujourd’hui. D'autant plus, les parcours qui s'appuient sur les maths ont infiniment moins de biais sociaux que ceux qui s'appuient sur des compétences littéraires ou sur des capacités commerciales.

- Raison 4 : Ce "mensonge volontaire de l'institution" autour du mécanisme de la hiérarchisation des filières s’appuie sur un autre "mensonge volontaire" qui est aujourd’hui le point bloquant d’une réforme de l’orientation.  En effet, pour chaque cours lié à un type de contrôle, il y a des acquis à avoir pour avoir une chance raisonnable de tirer parti du cours et de réussir les contrôles. Quand les lacunes par rapport aux acquis théoriques portent sur des fondamentaux et sont importantes, c’est l’échec assuré pour le jeunes. Les enseignants ne peuvent pas faire leur cours et faire acquérir les fondamentaux de base. Le soutien a des limites, il ne permet pas de rattraper en une-demi heure par semaine, 10 ans de lacunes accumulées alliées à une absence de méthodes de travail et une perte de confiance en soi. Ce "mensonge volontaire de l'institution" se rencontre et a des conséquences contre-productives dans les situations:

- en 4ème et 3ème où les contrôles dans toutes les matières sont inadaptés aux classes hétérogènes. Il s’en suit un découragement des élèves les plus faibles.

- en première année de licence à l’université. Dans les filières les plus sélectives pour l’accès en deuxième année (comme médecine ou STAPS), un tiers des élèves abandonnent au bout de quelques mois ou n’arrivent pas au cap du premier trimestre. Un grand nombre abandonnent définitivement les études, avec des biais sociaux dans ces abandons. Or, les équipes enseignantes savent qui a une chance raisonnable de réussir avec un faible taux d’erreur. Est-ce que cela a un sens d’envoyer dans une filière littéraire, un jeune qui des fortes lacunes en expression incrustées depuis plus de 10 ans ? Par ailleurs, cela a un coût pour l’université.

- dans l’incapacité de faire le diagnostic des causes de la hiérarchisation des filières. Depuis 30 ans, toutes les réformes ont renforcé les exigences littéraires de la filière S, diminuer la part horaire consacrer aux maths et aux sciences de cette filière, la rendant toujours plus généraliste et donc plus attirante pour les bons élèves qui n’ont rien contre la physique. Ils peuvent ainsi se garder toutes les portes ouvertes pour les études supérieures. Depuis la dernière réforme, il y a un large consensus pour dire qu’elle est inadaptée pour préparer aux études supérieures scientifiques et pour aider les jeunes à prendre confiance dans la capacité de réussir des études scientifiques. Ceci a des biais sociaux évidents.

- dans la fausse piste de l’expérimentation du « dernier mot aux parents ». Cette expérimentation ne résout aucun des problèmes de l’orientation en fin de 3ème et rajoute des dysfonctionnements sans aucun bénéfice.

 Je consacrerai un prochain billet sur le thème suivant  « Le mensonge volontaire autour de l’existence de pré-requis en connaissance et compétence minimaux pour pouvoir suivre un cours sans être noyé, est un point bloquant qui empêchera la communauté éducative de trouver un consensus cohérent sur l’orientation ». Avec le dernier mot aux familles, nous sommes aujourd’hui partis pour rajouter de l’inefficacité au lycée général sans résoudre le principal problème qui est l’affectation dans une filière du professionnel que l’élève a vraiment choisi. Si n’y a pas une forte communication pour détruire ce "mensonge volontaire", cela risque de se traduire par une désorganisation du lycée général, qui sera obligatoirement compensée par une offre privée. J’ai déjà écrit des billets sur les conséquences de ce "mensonge volontaire" au collège.

25/08/2013 – Jetons nos enfants au milieu de la piscine sans bouée pour leur apprendre à nager

13/08/2013 – Le collège unique dans la loi sur la refondation de l’école

Ma conclusion est : le ministre devrait agir

L’interdiction de donner une information juste sur la cause de la hiérarchisation des filières et de l’inefficacité du principe du tronc commun a des conséquences qui dépassent l’amélioration du fonctionnement du lycée. Il s’agit d’un verrou qui impacte de nombreux points bloquants de la refondation.

Les enjeux justifieraient que le Ministre prenne le temps de comprendre les causes réelles de ce blocage et de le résoudre. Si mon intuition est exact, il s'agit d'un problème humain que seule une volonté stratégique de sa part peut débloquer. Ensuite, la cause réelle de la hiérarchisation des filières pourra être diffusée, l’analyse de plusieurs dysfonctionnements structurants portant sur le lycée ou sur le dispositif d’orientation pourra se faire sereinement. 

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