Le collège unique dans la loi sur la refondation de l’école.

Dans la loi du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école pour la république, la position sur le collège unique est un peu doctrinaire.

Dans la loi du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école pour la république, la position sur le collège unique est un peu doctrinaire.

D'abord, les comparaisons internationales montrent que le tronc commun de formation n'est bénéfique que jusqu'à 15 ans. Cette limite n'est pas indiquée dans le texte de loi.

Ensuite, tronc commun ne veut pas dire enseignement commun pour tous. Prenons, l'exemple du collège finlandais qui est décrit page 78 du livre de Paul Robert "La finlande : un modèle éducatif pour la France" . 2% d'un classe d'âge dans des écoles spécialisées, 6% dans des classes spéciales ou petits groupes dans des écoles ordinaires, 22% éducation spéciale à temps partiel. Il est  indiqué sur la même page, qu'il est possible de faire des dérogations sur le programme pour les enfants en grande difficulté.

Il faut éviter le tri. Le principe du redoublement des élèves qui n'ont pas les acquis n'apporte rien.

Actuellement, les élèves qui ne maîtrisent pas l'expression sont en situation de souffrance au collège car quand ils essaient de s'investir dans le travail scolaire, il n'y a aucune différence dans les résultats. Actuellement, les enseignants sont en souffrance, car les buts que le système "éducation nationale" leur présente comme une normalité sont impossibles à atteindre, et ils n'ont pas le droit de l'exprimer. Il convient de se demander pourquoi la France n'arrive pas à mettre en place des contrôles qui n'excluent pas, dans toutes les matières, les élèves qui ne maîtrisent pas l'expression. Il faut reconnaître qu'il est impossible de faire progresser des élèves qui ont des lacunes importantes sur les fondamentaux (lire, écrire, compter) et des difficultés d'apprentissage dans des classes entières.

Bien sûr que, dans un monde idéal, il faut supprimer le redoublement au niveau du collège. Cependant, aujourd'hui c'est la moins mauvaise solution pour qu'un élève qui est sur le point de se noyer et qui a le soutien de sa famille, puisse repartir d'un bon pied. Il faudrait un collège dont les programmes, les évaluations, le soutien pour progresser prennent en compte que certains élèves ont insuffisamment acquis les fondamentaux (lire, écrire, compter). 

Bien sûr, le choix de l'avenir par le professionnel dès 14 ans n'est pas intellectuellement satisfaisant, mais aujourd'hui c'est une moins mauvaise solution que de laisser se noyer un gamin dans des cours dont il ne peut pas tirer parti, car pas conçu pour des jeunes qui n'ont pas les acquis fondamentaux en lecture et en expression. Ils ne sont pas conçus pour eux, non pas à cause de l'enseignant, mais parce que, vu les programmes et les modes de contrôle attendus, c'est impossible.

Le collège unique comme base de départ est un bon principe. A condition, que le choix du socle commun, des programmes et des contrôles associés permettent à tous de progresser, y compris ceux qui n'ont pas les bases en expression écrite et orale. A condition, que des moyens importants soient débloquées pour aider les élèves qui maîtrisent insuffisamment la lecture et l'expression et le calcul de rattraper leurs lacunes. A condition que ce qui prévaut soit le pragmatisme pour avoir un maximum de cours en classes hétérogènes tout en recherchant la solution la plus efficace pour faire récupérer les fondamentaux aux élèves qui ne les ont pas été acquis.

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