Pour la refondation de l'école : 16 - le débat passionnel sur l'histoire

Le report de l’histoire-géographie de Terminale S en Première S  a servi de base à une fausse polémique autour des scientifiques qui seraient transformés en incultes.

Il faut remettre sur le sujet les pendules à l’heure :

- la manière d'enseigner l'histoire géo au lycée ne permet nullement de se construire une culture générale. Il s'agit d'un exercice scolaire qui consiste à recracher des faits appris en mémoire courte dans un cadre qui sert de prétexte. Il s'agit d'une préparation pour ceux qui veulent faire des études littéraires, non pas l'acquisition de repères historiques et le goût pour l'auto-construction d'une culture générale. La culture générale se construit à l'âge adulte par le visionnage de documentaires, la visite des musées ou la lecture.

- la principale difficulté de cette manière concerne le trop grand nombre d'heures de cours en Première S: 4heures d'histoire géo, plus que les 3h de Physique-Chimie. En effet, si on ajoute le française (5H), les élèves ont 9H de cours qui conduisent à 2 épreuves anticipées comptant pour le bac. Or, environ 50% des élèves parmi les plus fins font un blocage devant les codes d'expression  de l'exercice littéraire en France, car ils les perçoivent, à juste titre, comme artificiels. Savoir recracher des éléments dans des paragraphes équilibrés suivant des règles, n'a rien à voir ni avec la compréhension (au contraire), ni avec l'utilisation des règles de l'orthographe. Il s'agit tout bêtement d'une exclusion des études scientifiques exigeantes de ceux qui ne peuvent pas prouver qu'ils sont capables de faire des études littéraires: Une stupidité et une injustice.

- le mélange dans la même classe des jeunes de 1ère S qui ont un bac-corvée sur la matière à la fin de l'année, et des jeunes de 1ère L qui envisage des études littéraires et qui ont le bac l'année suivante, pose de vrais problèmes aux enseignants.

Pour en savoir plus :

12 – La rénovation du collège

20 – Redonner le goût à l’histoire

23 – La dictature de l’expression littéraire

24- Un lycée plus flexible

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