Pour la refondation de l'école : 23 - la dictature de l'expression littéraire

Le  lycée français  discrimine violemment les élèves, sans raisons légitimes, sur la capacité à rédiger suivant les codes de communication artificiels de l'expression littéraire.

"Rédiger suivant les codes de communication artificiels de l'expression littéraire", n'a rien à voir avec "écrire en parfait français sans contresens et sans fautes d'orthographe", sur quoi il n'y a pas à transiger. Il s'agit de rechercher les mots plus ou moins liés à une idée, y compris quand ce n'est pas pertinent (ce qui avant la terminale est généralement le cas) et les recracher suivant une certaine structuration. En histoire/Géo ou en SVT, il faut répondre à une question qui sert de prétexte pour caser les mots-clés ou les éléments de connaissances (sans forcément les avoir assimiler). Il s'agit en France (pas aux Etats-Unis) du mode d'expression, qui a été imposé dans toutes les matières où cela a été possible. Il se trouve qu'il est perçu comme artificiel par ceux qui ont une forte capacité logique, et certains n'y arrivent pas.

Cette compétence est indispensable pour ceux qui envisagent de poursuivre des études littéraires, mais n'est, fonctionnellement, nullement obligatoire pour l'acquisition des bases de culture générale. Sauf que, les réformateurs de l'éducation nationale depuis 20 ans, en ont fait un passage obligé.

Ce mode de rédaction artificielle est aujourd'hui mis en place dès la 4ème. C'est un des moteurs de l'impossibilité de remonter la spirale de l'échec des jeunes qui maîtrisent insuffisamment la lecture et l'écriture. C'est un des moteurs de la mise en situation d'échecs de 50% des élèves qui ont la plus grande capacité à comprendre le sens, plus particulièrement quand ils ne sont pas issus de milieux favorisés et qu'ils ne peuvent pas trouver l'aide nécessaire pour comprendre leur blocage.

Autrefois, il y avait le bac E avec des exigences en matière scientifique identique au bac C (le bac S d’aujourd’hui) et des exigences en matières littéraires identiques à celles du bac F (le bac STI d’aujourd’hui). 

Dans le lycée plus flexible du futur, il faut revenir à cette possibilité. Il faut deux manières d’approcher les matières littéraires : celle qui permet de faire des études littéraires et celle qui utilise une expression plus direct et moins artificiel et qui est destiné à ceux qui ont déjà fait le choix de ne pas aller vers les études littéraires.

Pour en savoir plus :

12 – La rénovation du collège

16 – Le débat passionnel sur l’histoire

20 – Redonner le goût à l’histoire

24- Un lycée plus flexible

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