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Billet de blog 9 déc. 2022

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Colette Magny Les petites chansons communistes de Yann Madé

Colette Magny était une chanteuse engagée et féministe, elle a côtoyé ou influencé tant d´artistes, de Mouloudji à Orelsan en passant par Olivia Ruiz, pourtant beaucoup semblent l´avoir oublié. C’est pourquoi, sur les pas de Pierrot, un de ses plus grands fans, j´ai décidé de vous raconter qui elle était...

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« J’ai fait des erreurs, bien sûr, mais j’ai fait exactement ce que je voulais, on ne m’a rien imposé, jamais, jamais, jamais ! »

Colette Magny (1926-1997) chanteuse et auteure-compositrice-interprète française, était une « Léo Ferré au féminin ». Ce n’est qu’à trente-six ans qu’elle a commencé à chanter et ses textes engagés n’ont pas toujours été diffusés sur les ondes. Certaines radios rayaient volontairement ses disques, c’est dire….

Yann Madé a rencontré Pierrot, un admirateur de cette femme et lui a promis une bande dessinée hommage d’où cet ouvrage complet, foisonnant, intéressant, publié aux éditions Jarjille qui n’en finissent pas de me surprendre !

Certains parlaient d’elle en la surnommant « la chanteuse noire blanche » à cause d’une voix aux tons de jazz et de blues. Elle a été connue, au départ, pour Mélocoton.

Melocoton

Mais la résumer à un tube serait bien trop restrictif !

Elle ne se destinait pas forcément à chanter et puis elle a découvert le jazz, en travaillant comme secrétaire à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), comme quoi une rencontre peut changer une vie. Ce que j’ai découvert en lisant ce recueil, c’est une femme qui assume sa vie, ses choix (au point de faire un disque avec une face vierge).  Elle fait tomber le masque, met sa vie en chansons et exprime avec tendresse ou colère ses émotions, ses ressentis. Elle est la voix de ceux qu’on oublie d’écouter : les immigrés en grève ou en exil, les ouvriers malmenés, ceux qui luttent et ne sont pas entendus. Elle prend le relais et elle les représente. Bien sûr, elle dérange, elle fait même fuir un de ses musiciens qui refuse de l’accompagner sur un de ses textes, mais elle ne cède pas. Elle a une force de caractère impressionnante !

Quand j’ai découvert tout cela, j’ai pensé : « Mais comment ai-je pu passer à côté ? », surtout qu’en discutant avec mes parents, je me suis aperçue qu’ils la connaissaient….

Il y a plusieurs textes de Colette Magny et à chaque fois, Yann Madé s’inspire d’une bande dessinée existante pour les mettre en exergue. C’est bien car le lecteur peut chercher le lien et qui a dessiné (et si on ne trouve pas, c’est écrit en tout petit en bas de page).

Les planches sont en noir et blanc, avec beaucoup de dégradés et de variantes. Mais la couverture est en couleur et si vous dépliez le rabat, vous voyez le visage de Colette en entier ! J’ai trouvé le contenu des bulles très complet en informations ainsi que les notes. La BD est vivante, les bulles peuvent être à cheval sur plusieurs cases, certains visages sont coupés comme si on avait « photographié » l’essentiel : un geste, une mimique, un regard …. Le dessin est vif, toujours en mouvements et les différents contextes évoqués bien représentés. Cela donne un ensemble aux multiples entrées tout en restant concentré sur une femme exceptionnelle comme on en rencontre peu.

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