La dinde rose (PCC Baudelaire)

Puisqu'il est question en cette fin d'année de chanter les louanges aux grandes fortunes en vers à l'Assemblée et puisqu'Emmanuel Macron cite Baudelaire - entre quelques ventes d'armes à Sissi et une chaleureuse discussion avec Hanouna -, continuons sur cette brillante lancée littéraire de fin d'année pour un hymne à nos infatiguables marcheurs des cieux.

Puisqu'il est question en cette fin d'année de chanter les louanges aux grandes fortunes en vers à l'Assemblée et puisqu'Emmanuel Macron cite Baudelaire - entre quelques ventes d'armes à Sissi et une chaleureuse discussion avec Hanouna -, continuons sur cette brillante lancée littéraire de fin d'année pour un hymne à nos infatiguables marcheurs des cieux.

 

Souvent, pour s’amuser, les riens d’équipage
Prennent des godillots, vastes illettrés des mers,
Qui suivent, indolents sans cravates de voyage,
Le Medef glissant sur les fainéants amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces Kwassas de l'azur, maladroits et pompeux,
Laissent piteusement leurs grandes lavallières blanches
Comme des actions traîner à côté d'eux.

Ce Penicaud ailé, comme il est gauche et veule !
Lui au Danone si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace ses stock-options avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en licenciant, les plus-values qui s'envolaient !

Les paradis fiscaux sont semblables au prince des nuées
Qui hante les services publics et se rit de la pauvreté;
Exilé sur le sol au milieu de serviles laquais,
Ses fraudes de géant l'empêchent d'être embastillé.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.