M. Macron, comptez-vous protéger les lanceurs d'alerte et comment ?

Face à la corruption généralisée, M. Macron compte-t'il protéger les lanceurs d'alerte et renforcer leurs actions en France et en Europe ? C'est la question que lui adresse directement Stéphanie Gibaud, lanceuse d'alerte ayant été licenciée de la banque suisse UBS pour avoir refusé de cautionner les pratiques illicites en matière d'évasion fiscale. Soutenez son combat en moOtonnant sa question !

Stéphanie Gibaud fait partie de ceux qu'on appelle les lanceurs d'alerte, des personnes qui, dans le contexte de leurs relations professionnelles et de manière désintéressée, signalent un fait illégal, illicite ou dangereux, touchant à l’intérêt général. Ce faisant, elles enclenchent un processus de régulation, de controverse ou de mobilisation collective.

Pour soutenir le combat de Stéphanie Gibaud, nous vous invitons à moOtoner sa question sur whyboOk.org.

Question de Stéphanie Gibaud à Emmanuel Macron © Stéphanie Gibaud

Stéphanie a refusé en 2008 de cautionner les pratiques illicites en matière d'évasion fiscale et de blanchiment de capitaux de son employeur de l'époque, la banque suisse UBS.
Elle a dénoncé les dysfonctionnements à sa hiérarchie et à la direction de la banque où elle faisait partie des élus du personnel.
Alors traînée par la banque au Tribunal de Police en 2010 pour diffamation et vivant un harcèlement à l'intérieur de l'entreprise (harcèlement reconnu par le tribunal des Prud’hommes en 2015), elle a finalement été licenciée, n'a jamais pu retrouver de travail et survit des minima sociaux depuis l'été 2014 alors que le Ministère des Finances, via son service des douanes, l'a obligée à coopérer pendant plus d'une année avec ses services quand elle était encore cadre de la banque.
Michel Sapin, Ministre des Finances, a déclaré en 2016 qu'elle avait aidé son administration à mettre la main sur des informations qui ont, entre autres, permis d'identifier 38.000 comptes de clients français à l'offshore pour un total de quelques 12 milliards d'euros.

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Quelle est la situation aujourd'hui, et pourquoi les lanceurs d'alerte comme Stéphanie ne sont pas protégés ?

Depuis des années, les lois de protection des lanceurs d'alerte en France ont été parcellaires. N'étaient protégés que certains collaborateurs selon un certain type d'industries et de dysfonctionnements. 

Les lois de 2013 relatives à la transparence de la vie publique, faisant suite à l'affaire Cahuzac, ont été saluées comme un avancement tout comme la loi Blandin relative à la protection des lanceurs d'alerte en matière de santé et d'environnement. Un volet de la loi Sapin II votée en décembre 2016 accorde dorénavant un statut aux personnes qui dénoncent des dysfonctionnements, à savoir qu'il faut être une personne physique, intègre, de bonne foi agissant dans l'intérêt général.

Cette avancée est certes notable mais il est important de noter que le volet de la loi Sapin II concernant la protection des lanceurs d'alerte en France n'est pas (et ne sera pas) rétroactive : les lanceurs d'alerte dont les vies ont été emportées (carrières arrêtées, familles en souffrance ruinées par les procédures judiciaires interminables etc.) ne seront jamais dédommagés du courage des actions qu'ils ont mené en toute intégrité et en faveur de l'intérêt général : dénonciations d’affaires de corruption, de doubles facturations, d'enrichissements personnels, d'évasion fiscale en bande organisée, de manquements aux codes déontologiques, de dysfonctionnements graves, etc.

Le courage dont font preuve les femmes et des hommes identifiés aujourd'hui comme lanceurs d'alerte a démontré qu'ils sont les vigies citoyennes d'un monde où l'opacité des informations des entreprises - notamment des multi-nationales mais également des administrations - a permis une impunité telle que l'on peut parler de "corruption généralisée". Le devoir de transparence ne devrait-il pas être obligatoire ne serait-ce ce que vis-à-vis des pays où ils développent leurs activités et vis-à-vis des citoyens ?


Étant donné l'aberration voire l'absurdité des situations de violence inouïe auxquelles sont confrontés les lanceurs d'alerte - certains d'entre eux vivent en exil, enfermés, emprisonnés, loin de leurs familles, sont tombés en précarité ou en dépression profonde, la plupart ruinés financièrement et psychologiquement fragile puisqu'ils se retrouvent chacun complètement démunis et seuls face aux institutions - il est du devoir de chacun, et notamment des élus, de les aider, de les soutenir et de saluer leur ténacité, leur intégrité et leur courage. Nombre d'entre eux décrivent leur combat comme celui de David contre Goliath alors qu'ils n'ont agi que pour l'ensemble de la communauté.

 

Comment soutenir leur combat ?

Apportez VOTRE VOIX à la question de Stéphanie Gibaud : plus nous serons nombreux, plus grande seront les chances d'être entendus. Rendez-vous sur la page de sa question sur le site whyboOk.org puis cliquez sur moOtonner* après vous être connecté ou avoir créé votre compte whyboOk en 10 secondes.

Une fois la réponse obtenue, vous pourrez en évaluer la transparence et le contenu.

Exigeons d'Emmanuel Macron qu'ils se prononce fermement sur la protection de tous les lanceurs d'alerte, en France et en Europe.

 

* moOtonner (attention, 2nd degré) = apporter votre voix pour que la question soit envoyée à Emmanuel Macron. 
Il faut que 100 personnes veuillent obtenir la réponse pour que cette question soit envoyée au décideur par courriel. Puis, elle sera envoyée à nouveau à 200, 500, 1000 personnes... jusqu'à ce qu'il réponde.

 

Qu'est-ce que whyboOk ?

 

 

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