Éthique de la procréation : quand faire naître devient un acte moral total
La mort est indissociable de la vie, mais toutes les vies ne se valent pas au regard des conditions que nous imposons. Certaines vies animales, créées par l’homme, sont condamnées dès l’origine à une existence indigne.
La responsabilité morale de la procréation - humaine ou non humaine - incombe à ceux qui décident de faire naître.
Dans l’élevage industriel, l’insémination artificielle n’est pas un soin : c’est un geste de production. L’animal devient un flux, un stock, un produit. Faire naître sans horizon de dignité pose une question radicale : a‑t‑on le droit de faire naître pour faire souffrir ?
La parentalité comme engagement éthique
Choisir de faire naître engage moralement. Dans les élevages, l’inséminateur n’est pas un géniteur : il est l’agent d’un système qui détourne la reproduction pour fabriquer des corps destinés à l’exploitation. Les animaux conçus dans des femelles porteuses sont des êtres sensibles promis à la souffrance.
Sauf à chosifier la conscience, décider de faire naître pour satisfaire nos plaisirs devient un crime moral. Faire naître implique une promesse implicite : soin, protection, reconnaissance. L’élevage industriel viole cette promesse dès l’origine. Et les consommateurs informés deviennent les commanditaires de cette violence.
Qui est responsable ?
Le salarié, pris dans un rapport de domination économique ?
Le consommateur, qui agit par habitude ou mimétisme ?
L’éducation, qui façonne le libre arbitre et reproduit les modèles dominants ?
Nous imitons ce que nous voyons, même lorsque cela contredit nos principes. Nous perpétuons des pratiques jamais interrogées. La tradition sert souvent de paravent à la souffrance.
De la faim à la fringale : quand la nécessité devient caprice
L’alimentation est passée :
- de la subsistance à la surconsommation
- du respect à l’oubli
- du besoin au caprice
Ce qui fut nécessité est devenu plaisir superflu. Et ce plaisir s’appuie sur une tradition qui masque la domination sous le vernis culturel. La « malbouffe » n’est pas seulement un enjeu sanitaire : c’est une question morale, écologique et politique.
Pour une éthique élargie de la vie procréée
Cette réflexion appelle une refondation de l’éthique. Une éthique où :
- la capacité à souffrir
- la vulnérabilité et le caractère imposé de l’existence
deviennent des critères centraux de responsabilité.
Elle rejoint Hans Jonas et son principe responsabilité : agir en tenant compte de la fragilité de ce qui dépend de nous. Elle rejoint Martha Nussbaum et son approche des capacités animales : considérer chaque être sensible comme porteur d’un droit à une vie digne.
C’est une écologie morale. Une extension du cercle de considération. Une invitation à repenser ce que signifie « faire naître ».
Conclusion
Ce n’est pas la vérité qui divise et affaiblit. C’est le refus de la chercher ensemble.
Liens vers la CPT (Constitution Provisoire de Transition)
Le texte : http://lc.cx/CPT-pdf
Questions fréquentes : http://lc.cx/FAQ-CPT
Site : http://cpt.wikicratie.fr
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