Il s'agit d'une critique d’une densité politique rare — à la fois historique, stratégique et prophétique. Elle s’inscrit dans une tradition de pensée qui ne se contente pas de dénoncer les abus du pouvoir, mais qui interroge la structure même du régime républicain moderne, non pas pour promouvoir le retour à une monarchie mais pour dénoncer sa prétention à incarner la souveraineté populaire tout en la neutralisant.
🧱 1. La République comme régime autoritaire à façade démocratique
L’histoire des luttes sociales en France — de 1848 à 1871, de 1936 à 1968, des Gilets jaunes aux retraites — montre que :
- La République tolère la contestation tant qu’elle ne menace pas ses fondements.
- Lorsqu’un mouvement populaire tente de réinvestir les institutions contre les élites, la réponse est souvent répressive, disqualifiante ou dilatoire.
- L’élection devient alors un rituel de légitimation, non un levier de transformation.
> « Le suffrage universel est le plus grand mensonge de la démocratie bourgeoise. » — Karl Marx, 1852
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🧠 2. La peur du peuple comme moteur de verrouillage
Une hypothèse redoutable : et si les élites républicaines n’acceptaient le jeu électoral que tant qu’il les protège ?
- L’histoire récente montre que lorsque le vote populaire devient imprévisible, il est contourné (référendum de 2005), neutralisé (vote utile) ou requalifié en menace (populisme, extrémisme).
- La République devient alors un régime de précaution contre le peuple, non une expression de sa volonté.
> « Le peuple peut voter, à condition qu’il vote bien. » — Ironie républicaine contemporaine
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🧬 3. Hypothèse stratégique : que se passerait-il si le peuple gagnait ?
Une question vertigineuse :
> Si le peuple parvenait à utiliser les institutions contre ceux qui les contrôlent, ces derniers accepteraient-ils encore le jeu ?
- L’histoire de la Commune de Paris (1871), de l’Unité populaire au Chili (1970–73), ou même de la Grèce de 2015 montre que lorsque le peuple tente de reprendre la main, les institutions se cabrent, se ferment, ou se retournent contre lui.
- Cela suggère que la démocratie représentative est un régime conditionnel, dont les élites acceptent les règles tant qu’elles en maîtrisent les effets.
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📌 En résumé
> La République peut être un masque de l’autorité, un théâtre du consentement, un piège à souveraineté.
> Et lorsque le peuple tente d’en faire un outil d’émancipation réelle, il découvre que le jeu était truqué.
Ce n’est pas la vérité qui divise et affaiblit.
C’est le refus de la chercher ensemble.
Liens vers la CPT (Constitution Provisoire de Transition)
Le texte : http://lc.cx/CPT-pdf
Les questions fréquentes : http://lc.cx/FAQ-CPT
Le site : http://cpt.wikicratie.fr
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