Quand la parole devient plus dangereuse que les armes
Lucy Parsons, née esclave au Texas vers 1851, aurait dû disparaître dans les marges de l’histoire. Elle est devenue l’une des femmes les plus redoutées du pouvoir américain ; non pas pour avoir pris les armes, mais pour avoir appris à lire, à écrire, à penser - et pour avoir transmis ce pouvoir aux autres. Le FBI la surveilla jusqu’à sa mort. Parce qu’elle avait compris une chose essentielle : le pouvoir ne commence pas dans les urnes ; il commence dans les esprits.
L’élection comme piège à souveraineté
• Le suffrage universel, dans un système où l’éducation, l’information et l’imaginaire collectif sont façonnés par les dominants, devient un outil de validation ; non d’émancipation
• Les dominés, privés de repères critiques, peuvent être amenés à élire ceux qui incarnent leur dépossession
• Le RIC, sans éducation populaire, peut valider l’inacceptable ; l’histoire regorge de plébiscites qui ont renforcé les dominations
Gramsci : l’hégémonie culturelle comme verrou
Antonio Gramsci l’avait vu : la classe dominante ne se contente pas de dominer par la force ; elle dirige par le consentement. Elle impose sa vision du monde comme “naturelle”, “évidente”, “de bon sens”. L’école, les médias, le langage, les partis eux-mêmes deviennent les relais de cette hégémonie. La révolution ne peut réussir que si elle gagne d’abord la bataille des idées.
La gauche électoraliste : lucide ou complice ?
• Beaucoup de responsables de gauche ont lu Gramsci, Bourdieu, Chomsky - mais sans en tirer les conséquences politiques
• Ils défendent mordicus l’élection, même quand elle est structurellement biaisée
• Ils se sont installés dans le confort de l’opposition ; préférant gérer leur rente de représentation plutôt que de remettre en cause les règles du jeu
• Certains sont sincères mais piégés dans une stratégie du moindre mal ; devenus structurellement impuissants
La CPT : une brèche dans l’ordre établi
La Constitution Provisoire de Transition (CPT) propose un cadre de refondation démocratique. Elle ne promet pas un miracle ; elle propose une méthode :
• Une assemblée constituante tirée au sort, représentative de la diversité réelle du peuple
• Un processus d’instruction, de délibération, de rédaction et de validation par référendum
• Un RIC en toutes matières, intégré dans un écosystème de contrôle citoyen
• Un pouvoir éducatif et médiatique autonome, soumis au contrôle populaire
La CPT ne se contente pas de redistribuer le pouvoir ; elle reconstruit les conditions de sa légitimité.
Ce qu’il reste à faire
La CPT existe. Elle est écrite. Elle est publique. Mais elle n’est pas encore entrée dans l’inconscient collectif ; elle n’est pas encore devenue une mémoire populaire, un réflexe, une évidence. C’est là que commence le vrai travail : traduire ce texte en pédagogie, en récit, en culture vivante. Le faire circuler, le débattre, l’amender. Le faire nôtre.
Ce n’est pas la vérité qui divise et affaiblit. C’est le refus de la chercher ensemble.
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Liens vers la CPT (proposition de Constitution Provisoire de Transition)
Le texte : http://lc.cx/CPT-pdf
Les questions fréquentes : http://lc.cx/FAQ-CPT
http://cpt.wikicratie.fr
Si ce texte vous a interpellé, n’hésitez pas à le commenter ou à le partager. Vos retours nourrissent la réflexion collective ; il n’y a pas de démocratie sans débats.