Alors que la proposition de loi Yadan vient d’être adoptée en commission des lois, un seuil inquiétant est franchi dans la criminalisation de la pensée politique en France. Derrière l’objectif affiché de lutter contre l’antisémitisme, ce texte opère une confusion dangereuse entre haine raciale et critique politique, entre antisémitisme et antisionisme, entre mémoire et instrumentalisation.
🧨 Une loi qui confond mémoire et monopole
La proposition de loi prétend interdire les appels à la « destruction d’Israël », mais en réalité, elle vise à interdire toute remise en cause du projet sioniste comme fondement exclusif de l’État israélien. Elle assimile à de l’antisémitisme toute défense du droit au retour des réfugiés palestiniens, toute critique du caractère ethno-national de l’État, voire toute revendication d’un État binational ou fédéral.
Ce glissement sémantique est lourd de conséquences : il rend illégitime la défense du droit international, qui reconnaît pourtant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, y compris celui du peuple palestinien. Il criminalise des pensées politiques fondées sur la justice, l’égalité et la réparation, au nom d’une mémoire sacralisée et instrumentalisée.
⚖️ Une atteinte grave à la liberté d’expression
Cette loi ne protège pas les Juifs contre la haine — elle protège un État contre la critique. Elle ne lutte pas contre l’antisémitisme — elle l’utilise comme paravent pour disqualifier les voix dissidentes, notamment celles issues des quartiers populaires, des mouvements anticolonialistes, ou des diasporas arabes et musulmanes.
En cela, elle affaiblit la lutte contre l’antisémitisme réel, en la diluant dans un agenda géopolitique. Elle renforce la concurrence victimaire, au lieu de construire une mémoire partagée des oppressions.
🧭 Une alternative : la démocratie réparatrice
Face à cette dérive, il est urgent de proposer une autre voie. Une voie qui ne nie ni la Shoah ni la Nakba, mais qui les intègre dans une narration commune de la souffrance humaine. Une voie qui ne sacralise pas les États, mais reconnaît les peuples, les mémoires, les droits.
C’est le sens de la feuille de route que nous proposons : une transition démocratique en Israël-Palestine, fondée sur la justice réparatrice, la restitution des terres, la citoyenneté universelle, l’éducation bilingue, et la reconnaissance mutuelle. Une fédération égalitaire, pluraliste, où Juifs et Palestiniens seraient co-architectes d’un avenir commun, au lieu d’être enfermés dans des récits exclusifs et des murs de séparation.
✊ Pour une mémoire qui libère, pas qui enferme
Nous refusons que la mémoire serve à interdire la pensée. Nous refusons que la lutte contre l’antisémitisme soit détournée pour museler les défenseurs du droit international. Et nous affirmons qu’il est possible — et nécessaire — de penser une paix juste, une démocratie partagée, une réparation sans vengeance.
Contre les lois qui figent, nous proposons des feuilles de route qui ouvrent. Contre les récits d’exclusion, nous proposons des récits croisés. Contre la criminalisation des idées, nous proposons la réinvention du politique
Conclusion :
Il ne s’agit pas de nier l’antisémitisme, mais de refuser qu’il soit instrumentalisé pour faire taire les voix qui défendent le droit, la justice et la paix. Il ne s’agit pas de choisir entre la Shoah et la Nakba, mais de les inscrire ensemble dans une mémoire humaine commune. Il ne s’agit pas de détruire un État, mais de construire une démocratie.
> La République peut être un masque de l’autorité, un théâtre du consentement, un piège à souveraineté.
> Et lorsque le peuple tente d’en faire un outil d’émancipation réelle, il découvre que le jeu était truqué.
Ce n’est pas la vérité qui divise et affaiblit.
C’est le refus de la chercher ensemble.
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Liens vers la CPT (Constitution Provisoire de Transition)
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