La fin des espèces monétaires : un basculement de régime
- En Europe comme aux États-Unis, l’usage des espèces recule de manière spectaculaire : dans certains pays nordiques, moins de 10 % des transactions se font en liquide, et même en France, la proportion diminue chaque année. Pourtant, la masse monétaire fiduciaire en circulation ne s’effondre pas au même rythme : les billets continuent d’exister, mais leur usage est découragé.
- Ce décalage révèle une vérité politique : ce n’est pas la rareté des espèces qui motive leur abandon, mais une volonté délibérée de les marginaliser. Les politiques publiques, les banques et les commerçants favorisent les paiements électroniques, au nom de la modernité et de la lutte contre la fraude.
- Or, l’argent liquide garantit une part de souveraineté individuelle : il est accessible à tous, ne nécessite pas d’infrastructure numérique, et permet des échanges anonymes.
- Sa disparition ouvre la voie à une traçabilité totale des transactions, à une dépendance aux systèmes bancaires et numériques, et à une exclusion silencieuse des populations fragiles (personnes âgées, non connectées, ou vivant dans des zones mal desservies).
L’euro numérique : outil de modernisation ou cheval de Troie oligarchique ?
Le conformisme comme stratégie de neutralisation
- La critique de cette évolution est souvent disqualifiée : on la juge technophobe, complotiste ou passéiste. Ainsi, le débat est verrouillé avant même d’avoir lieu.
- Le discours public est saturé de récits rassurants : inclusion, modernité, efficacité. Mais les véritables enjeux de pouvoir — qui contrôle la monnaie, qui décide des règles — sont évacués.
- La transparence devient performative : on expose des données, des statistiques, mais on occulte les structures de décision et les rapports de force.
- Le conformisme ambiant n’est pas une absence de pensée : c’est une stratégie de pacification politique. En neutralisant la critique, on rend acceptable une mutation qui transforme la monnaie en instrument de gouvernement invisible.
L’évitement du constituant : un verrou performatif
- Les questions constituantes — qui décide, selon quelles règles, avec quels contre-pouvoirs — sont jugées trop complexes ou trop idéales. On les renvoie au domaine de l’utopie.
- Mais cette perception est elle-même un acte politique : elle naturalise l’impuissance et légitime la capture oligarchique du pouvoir monétaire.
- Refuser d’ouvrir le débat sur les fondements du pouvoir, c’est laisser les oligarchies structurer les règles à huis clos.
- Ce n’est pas la vérité qui divise et affaiblit, mais le refus de la chercher ensemble. La démocratie se délite lorsqu’elle renonce à interroger ses propres bases.
La CPT : une rupture démocratique face à la capture monétaire
- La Constitution Provisoire de Transition (CPT) propose une refondation radicale de la souveraineté populaire. Elle ne se contente pas de dénoncer les dérives : elle formalise des dispositifs concrets.
- Elle institue un contrôle citoyen direct sur les leviers monétaires, budgétaires et bancaires. Le pouvoir de création monétaire est retiré aux banques privées et replacé sous mandat démocratique.
- Ce mandat est assorti de traçabilité, de reddition de comptes et de révocabilité : autant de garanties contre la capture oligarchique.
- La CPT rompt avec l’illusion technocratique selon laquelle la monnaie serait une affaire d’experts, hors de portée du commun. Elle affirme que la démocratie ne peut survivre sans maîtrise collective des instruments de sa propre reproduction.
- En ce sens, elle constitue une rupture démocratique : elle redonne au peuple la capacité de décider des règles du jeu économique, et donc de son avenir collectif.
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Pour aller plus loin : la Constitution Provisoire de Transition (CPT)
Le texte : http://lc.cx/CPT-pdf
Les questions fréquentes : http://lc.cx/FAQ-CPT
Le site : http://cpt.wikicratie.fr
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Vos retours nourrissent la réflexion collective, il n’y a pas de démocratie sans débats.