Le président des maires ruraux du Gard et les GJ dénoncent la répression de l’État

Samedi 18 Mai 2019, lors d’une conférence de presse à Bagnols-sur-Cèze, le collectif Article 35 des droits de l’Homme a lancé un appel à l’aide à tous les élus de la République. Une motion dénonçant la répression et les violences policières, co-écrite et cosignée par Didier Bonneaud, maire de Saint-Etienne-des-Sorts et président de l’association des maires ruraux du Gard, y a été présentée.

Durant la lecture de cette motion, Hamida, membre du collectif Article 35 des droits de l’Homme, a énuméré le nombre et le type de victimes de la répression policière des six derniers mois : « nous déplorons déjà 1 décès, plus de 2.000 manifestants ou passants blessés, dont 156 blessés graves », « 24 éborgnés, 5 mains arrachées et des lésions crâniennes équivalentes aux accidentés graves de la route ». Les murs de la salle recouverts de photos de blessés, ainsi qu’un film sur le sujet diffusé un peu plus tard, étaient là pour en témoigner.

Les gaz lacrymogènes, ces « 
armes chimiques » utilisées sur « les policiers, manifestants et passants« , ont également été évoqués en rappelant que ces-derniers partageaient « les mêmes blessures et symptômes graves ». Hamida a également mentionné « les 800 condamnations, les 10.000 gardes à vue, les pratiques de fichage, d’intimidation de journalistes, de déni de droit de manifester et de violences graves envers une population civile, qui ne peuvent être tolérées ».


Mur des bléssés, © Collectif article 35 dh Mur des bléssés, © Collectif article 35 dh


Elle finira la lecture de cette motion par un appel à l’aide lancé aux élus : « Si c’est le peuple qui est le souverain, alors l’État ne peut parler ou agir qu’au nom du Peuple et de la Nation.

Nous, Citoyens Français, craignant de voir les limites toujours plus loin repoussées, soucieux de la préservation des libertés publiques et de nos droits fondamentaux, horrifiés par les mutilations extrêmement graves infligées à des manifestants pacifiques ou à des passants, inquiets de l’utilisation abusives d’armes chimiques sur la population, y compris sur nos enfants, vous demandons de l’aide pour faire cesser les violences policières afin que le peuple puisse exercer son droit à manifester dans le calme et la sérénité ».


Avant de conclure par : « Si nous n’étions pas entendus, nous nous réservons alors le droit de demander la censure du Gouvernement au titre de l’article 49, alinéa 2, de la Constitution ».


Le Président des Maires ruraux du Gard répond à l’appel


Didier Bonneaud, présent sur place en sa qualité de maire de Saint-Étienne-des-Sorts et de président des maires ruraux du Gard, a tenu à prendre la parole pour appuyer l’appel lancé par le collectif Article 35 des droits de l’Homme. 

« C’est vrai qu’il y a très peu d’élus qui considèrent le peuple et ce que vous subissez dans les manifestations. C’est à ce titre là que j’ai accepté de co-écrire cette motion et d’essayer de (…) faire en sorte qu’il y ait un soutien des élus envers leur population ».

Selon lui, le simple fait que l’un de leurs administrés soit impliqué dans les manifestations de Gilets Jaunes justifie que les maires aient «à protéger les biens et les personnes ». D’autant qu’il concède aux Gilets Jaunes présents qu’après « 6 mois de manifestation, si vous n’avez pas d’alternatives proposées par les élus, vous continuerez à vous faire tabasser »

Pour « que cela cesse », il appelle à un « projet d’association » avec les représentants locaux pour que les manifestants puissent « faire parvenir leurs idées dans le calme et dans le respect ».


Didier Bonneaud prend la parole face aux Gilets Jaunes © Jérôme J. Didier Bonneaud prend la parole face aux Gilets Jaunes © Jérôme J.

Il a aussi souhaité engager les Gilets Jaunes « à aller voir leurs élus de proximité et à leur demander de la cosigner. S’ils ne la signent pas, ils prennent leurs responsabilités : est-ce qu’ils sont avec le peuple ou contre le peuple ? ». Ajoutant, « vous n’y arriverez pas par la strate députés-sénateurs. On est dans une structure gouvernementale, mais si vous repartez par la base, je ne vois pas pourquoi vos élus ne cosigneraient pas cette motion ».

Le président des maires ruraux du Gard a toutefois regretté être « le seul maire à s’être déplacé », mais il reste néanmoins optimiste et persiste sur le même registre : « ce n’est pas grave, on va fédérer, mais ne comptez pas que sur moi. Comptez aussi sur vous. Allez voir vos élus pour leur demander de signer ».

À l’instar de l’appel du collectif, Didier Bonneaud préconise d’agir par étapes : « J’invite dans un premier temps à définir une motion qui soit abordable, simple et claire. Avec les fondamentaux, vous demandez que cela cesse. Si dans un second temps, vous n’êtes pas entendus, vous passerez à un échelon au-dessus ». Pour lui, il n’y aucune raison que les élus locaux restent muets face à cette demande : « quand je parle des élus, je ne parle pas des élus d’en haut, mais des élus d’en bas qui sont les garants de la santé et du bien-être » de leurs administrés. « Quelle idéologie leur demanderait de ne pas le faire ? ». 

Pour Didier Bonneaud, les Gilets Jaunes du Gard ont donc tout intérêt à se rapprocher de leurs maires. Et si ces-derniers ne veulent rien entendre, il propose : « s’ils ne le font pas, vous avez des réseaux sociaux, servez-vous en ! ».


Le colectif article 35 dh et les Gilets Jaunes manifestent à Ales lors de l'acte 27 du mouvement. © Collectif article 35 dh Le colectif article 35 dh et les Gilets Jaunes manifestent à Ales lors de l'acte 27 du mouvement. © Collectif article 35 dh


Visionnez l’intégralité des 2 interventions de Didier Bonneaud ci-dessous :
https://www.facebook.com/article35dh/videos/442444412997143/?t=933
https://www.facebook.com/jerome.jackel/videos/10216682650330581/?t=690

Pour voir la conférence de presse dans son ensemble, cliquez sur ce lien.

La page du collectif Article 35 des droits de l’Homme sur facebook.

 



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