Grèce : sortir le pays de la misère et relancer l'économie

Costas Lapavitsas aborde plus concrètement la question de l'économie grecque après la sortie.

Suite de l'interview du philosophe marxiste Costas Lapavitsas, député du groupe SYRIZA au Parlement grec. Publiée dans la revue marxiste US "Jacobin" (12/03/2015). 

 

La réorganisation du système bancaire

"Il faut un contrôle plus populaire et la participation des travailleurs! Les syndicats des employés de banque sont très actifs, et ils peuvent contribuer positivement à ce qui se passe. Ils auraient un rôle dans la gestion des nouvelles banques et leur réorganisation. Nous devrons nommer un commissaire pour le système bancaire, il faudra gérer le changement immédiatement, puis commencer le processus de restructuration des banques pour créer, enfin, certaines banques saines. L'emploi et la production vont s'améliorer.

 

De la crise humanitaire à la planification du rationnement

La prochaine étape sera, bien sûr, à certains égards, la chose la plus difficile, la chose la plus délicate : faire face à des marchés particuliers et l'impact de la sortie sur les marchés. Aujourd'hui, il y a trois marchés clés ici : l'énergie, l'huile alimentaire et la médecine.

La situation de la Grèce est à cet égard bien meilleure qu'en 2010 parce que le pays a assez bien rectifié le déficit du pays. Il est mieux à même d'assurer ses importations qu'en 2010. Mais, même ainsi, une intervention active sera nécessaire dans ces trois domaines pour assurer la satisfaction des besoins prioritaires (médicaments, nourriture).

Cette étape ne sera pas aussi difficile que certains le disent, même si ce ne sera pas une période agréable. Ce n'est en tout cas pas un argument suffisant pour refuser une sortie. Sur le long terme, cette période de transition ne représente pas grand chose. S'il y a une bonne planification, le coût pour la population pendant la période de rationnement, peut être considérablement réduit.

Il va falloir malheureusement faire avec l'organisation administrative grecque telle qu'elle est. Avons-nous le choix ? Nous avons quatre mois pour nous y préparer.

La Grèce est au milieu d'une crise humanitaire. Il y a déjà un rationnement dans le pays, par le portefeuille. De larges pans de la population ne reçoivent pas assez à manger. Ces gens comptent sur la charité et sur les "épiceries sociales" - en d'autres termes, les endroits où la nourriture est disponible à très bas prix et ainsi de suite.

Oui, des mécanismes de rationnement existent déjà. Et s'occuper de la crise humanitaire actuelle permettrait d'en développer les capacités. Nous sommes déjà en train de mettre en place des mécanismes qui pourraient faire face à ces problèmes de pénurie de l'offre. Donc, cela ne devrait pas être aussi difficile que ça l'aurait été avant 2010.


La sortie : solidarités contre les politiques de dissolution de la société et d'atomisation des individus

SYRIZA, un gouvernement de gauche, devrait contrôler la corruption et le clientélisme. Notamment sur les médicaments, dont la Grèce est exportatrice. Et sur l'énergie, où elle est quasiment auto-suffisante. Le rationnement est actuellement très important pour le transport. Il y a bon espoir d'obtenir de l'aide de pays comme la Russie, le Venezuela, la Chine, l'Iran, si la Grèce y est poussée par le défaut de ses "partenaires" européens. La Grèce devrait pouvoir examiner ces options librement et sans contrainte si cela lui permet de sauver la société et son peuple.

Hormis la question de la géopolitique, il faut remarquer que l'une des principales caractéristiques de la politique d'austérité appliquée à la Grèce et à d'autres pays au cours des quatre ou cinq dernières années a été l'atomisation et l'individualisation de la société. Ces politiques contiennent en leur sein des éléments de classe très forts et de puissants éléments atomistiques. Le comportement qu'ils induisent chez les gens, le genre d'approche qu'ils intègrent dans la société est le "chacun pour soi" et "après moi le déluge". Or la société doit fonctionner en dépit d'elle-même pour générer la solidarité, ce qu'elle a fait, mais elle doit aller contre le courant dominant qui s'inspire de ces politiques.

Renoncer à cette orientation permettra, je pense, de créer l'effet inverse. Il créera les perspectives de rassemblement. Une perspective de solidarité, de cohésion sociale et de solidarité sociale permettra de voir que la société peut passer outre les difficultés. C'est, bien sûr, en supposant que la sortie est gérée et exploitée par un gouvernement de gauche qui souhaite ouvertement mettre en œuvre la sortie dans l'intérêt des travailleurs et des pauvres en général.

 

De nouvelles perspectives

Si c'est le cas, je pense que les perspectives qui prévaudront seront très différentes de ce que nous avons vu jusqu'à présent, et ce sera une perspective qui permettra potentiellement d'aider la transformation à long terme de la société, qui est bien sûr notre objectif. La sortie n'est pas révélatrice en soi de ce que peut proposer la gauche par la suite. La sortie est une étape nécessaire mais insuffisante dans la transformation sociale.

Par exemple, le cas de l'Argentine (mais en aucun cas je ne suggère que l'Argentine soit un modèle pour la gauche) est beaucoup décrié et bien mal compris. Ce qui a été obtenu dans ce pays après le défaut et la sortie a créé des conditions bien meilleures que ce qui se serait passé si le pays avait continué dans la même voie, pour les travailleurs. Soulignons le : pour les travailleurs. Si vous regardez en termes d'emploi et en termes de revenus, il n'y a juste aucune comparaison.

Alors oui, je ne dirai pas que la Grèce a besoin de répéter ce que l'Argentine a fait, bien sûr. Mais ne tombons pas dans le baratin idéologique que la droite et les créanciers ont fait passer au sujet de l'Argentine depuis de nombreuses années.

 

La participation populaire

Maintenant, la chose essentielle ici pour moi, même pour une sortie progressive, serait la détermination du gouvernement à faire participer les gens, pour ainsi dire, la base, à chaque étape. Ce n'a pas été fait en Argentine. Le défaut est arrivé seulement parce que l'élite dirigeante a perdu le contrôle. Et puis ce fut le chaos pendant une période.

L'essentiel ici, pour aller dans la direction que je voudrais pour la gauche, c'est qu'il faut associer les personnes à tous les niveaux. Il faut les informer. Leur donner des choix. Il faudrait demander la validation populaire quoi qu'il arrive. Et il faudrait demander l'action populaire.

Parce que la seule force d'un gouvernement de gauche, c'est cela. Rien d'autre. Ce n'est pas l'expertise technique, bien qu'il en faille. C'est le soutien populaire. Donc, c'est ce que j'aimerais voir, ce qui garantirait, je pense, la sortie dans une direction transitoire progressive. Malheureusement, il n'y a pas eu une telle volonté récemment.

 

La mise en place d'une économie mixte régulée

Je ne suis pas contre une stratégie qui dirait qu'un gouvernement de gauche devrait se laisser la possibilité de contrôler le capital privé en le forçant à mener une stratégie d'investissement et une stratégie de croissance qui serait compatible avec l'emploi, la croissance plus élevée et des revenus plus élevés. Et il n'y a rien dans le marxisme ou en économie de base qui soit contre cela. Certainement pas comme période de transition. Le marxisme n'a jamais été de produire chaque bouton et chaque morceau de ficelle à travers une sorte de société d'État. Donc, je ne suis pas contre cela.

Je suis très sceptique, néanmoins, à ce sujet dans le contexte de la Grèce en ce moment. Pas tellement pour la croissance, mais parce que les besoins de l'économie grecque sont beaucoup plus immédiats que cela. Ce sont des questions à moyen terme. Ce sont des questions auxquelles on doit s'atteler et commencer à affronter quand le problème de la dette, de la pression fiscale et de l'union monétaire auront été résolus.

Quand nous commencerons à mettre sur la table une stratégie de développement à moyen terme pour le pays, oui, je pourrai aborder ce type d'approche. Et je serai parfaitement heureux d'en discuter dans le cadre d'un plan de développement national. Mais avant que les problèmes immédiats soient résolus, ceux-ci restent des exercices intéressants, mais ils n'offrent pas de réponses immédiates.

Je ne pense pas que Syriza devrait présenter un programme de nationalisation large et étendu en ce moment. Ce qui est nécessaire est de nationaliser les banques, bien sûr. Et pour s'assurer que les privatisations de l'énergie s'arrêtent, l'électricité en particulier. Et que la privatisation des autres actifs-clés s'arrête. Pour mettre une stratégie de croissance et de reconstruction en place immédiatement à l'extérieur de l'euro, puis avoir un plan de développement à moyen terme. C'est dans ce contexte que nous devons considérer quels secteurs de l'économie doivent venir sous contrôle public et comment - parce que la nationalisation n'est pas une réponse en soi. Nous parlons de contrôle public ici, ce qui peut prendre de nombreuses formes différentes - et de définir quelles branches de l'économie ont besoin d'une régulation ou de savoir laisser l'entreprise privée faire ses affaires dans son coin. C'est un sujet à moyen terme.


L'organisation de l'économie grecque

Nous sommes conscients de la structure des importations et des exportations et je peux dire que cette structure et la proportion des échanges dans le PIB est révélateur de l'échec du capitalisme grec au cours des dernières années en terme de développement.

Nous avons absolument besoin de réduire le poids du secteur des services. Parce que la Grèce a donné une importance démesurée au secteur des services, ce qui a conduit à la contraction des secteurs secondaire et primaire. La Grèce a été désindustrialisée, essentiellement. Elle a été désindustrialisée pendant trente ans et son secteur primaire est devenu minuscule et inefficace, donc nous avons besoin de rééquilibrer cela.

Et cela donne aussi une réponse pour le commerce, parce que l'accent mis sur le secteur des services signifie que la Grèce est devenue non compétitive à l'échelle internationale ; les services sont bien connus pour être peu compétitifs - la Grande-Bretagne en sait quelque chose ! Par conséquent, en mettant l'accent sur le secteur des services, l'économie grecque a produit un équilibre problématique entre biens échangeables et biens non échangeables.

Ainsi, la stratégie à moyen terme devrait viser à modifier cet équilibre. La Grèce doit renforcer les secteurs primaire et secondaire et de cette façon elle améliorera son intégration dans l'économie mondiale en produisant plus de biens échangeables. Comment cela se fera est à nouveau une question de stratégie à moyen terme.


La dévaluation comme moyen de mobiliser le capital

Si la sortie est concertée, et étant donné où en est le coût du travail - en d'autres termes la destruction du travail, ce qui bien sûr doit être inversé, mais nous ne pouvons pas revenir au point de départ parce que ce n'est tout simplement pas possible - alors il est possible que la Grèce aie besoin de 15 à 20 pour cent de dévaluation pour ajuster la compétitivité du travail. Encore une fois, je le répète : les salaires doivent augmenter, mais même s'ils augmentent, nous n'allons pas revenir au point de départ. Ce n'est juste pas possible pour le moment. Nous avons besoin d'une stratégie de croissance pour cela.

Une dévaluation de 15 à 20 pour cent en ce moment pourrait être suffisante pour relancer rapidement le pays. S'il y avait une dévaluation de 50 pour cent dans le cas de la sortie unilatérale et ainsi de suite, il y aurait plus de problèmes pour les importations, bien sûr. Vous devez néanmoins tenir compte du fait que la dévaluation n'agit pas seulement, ou principalement, sur les échanges extérieurs. Elle agirait d'abord sur le marché intérieur.

À l'heure actuelle, il y a de vastes ressources inutilisées en Grèce. Le capital n'est pas court à cet égard. Il a beaucoup plus que de l'argent à la banque. Nous devons penser en marxistes ici. Le capitalisme est une relation. Il y a de vastes ressources inutilisées à travers le pays ! Les petites et moyennes entreprises renaîtraient immédiatement en cas de dévaluation. Il y a suffisamment de capital à petite échelle pour le faire. La relance de l'économie, le retour de la demande et de la production, sera très rapide, et se remettra en place principalement par ce moyen.

C'est l'équivalent d'une sorte de nouvelle politique économique [NEP] de Lénine et des bolcheviks. J'ai - et des études économétriques que j'ai vu le confirment - peu de doute que les petites et moyennes entreprises permettront un retour de la Grèce à un état productif raisonnable dans un très court laps de temps, deux ans. Cela permettra également de générer du capital et de l'épargne pour une stratégie à moyen terme.

Donc, la question de la provenance du capital doit être examinée de façon dynamique. Il y a du capital dans le pays, mais il reste inactif pour le moment. Nous devons le mobiliser, et c'est ce que fera la dévaluation.

 

Une sortie concertée et apaisée peut permettre un retour dans l'Union monétaire sous d'autres formes : et si l'Union monétaire garantissait certains taux de change entre les monnaies et l'euro ?

Comme je le disais, il faut faire des hypothèses pour analyser les choses. Je n'appellerai pas cela un acte de foi. Je dis qu'on pourrait négocier des objectifs qui valent la peine de se battre. Je reconnais les difficultés, et nous avons vu l'hostilité de ces pouvoirs envers le gouvernement de gauche au cours des dernières semaines, donc je sais que cet objectif ne sera pas facile à atteindre. Mais enfin, la gauche européenne pourrait aussi commencer à l'envisager. Et cela vaut la peine de discuter, parce que le système dans son ensemble ne fonctionne pas en Europe.

Donc ce que j'attendais, ce qui ferait une différence significative, serait quelques propositions sérieuses enfin de la gauche européenne sur la façon de remplacer ce système ridicule qui a prévalu en Europe, par un système de taux de change contrôlés. Ce serait en effet faire une grande différence pour la Grèce et pour l'Espagne.

Au lieu d'argumenter sur les changements politiques et de toiletter l'austérité au sein de l'union monétaire et d'autres choses de ce genre, qui ne sont tout simplement pas faisables, la gauche ferait bien de commencer à proposer des politiques qui aideraient vraiment en terme de contrôle des taux de change dans un système de contrôle des flux de capitaux. C'est ce qui est nécessaire en Europe en ce moment, pas une sorte de contes de fées sur une "bonne union monétaire", qui ne peut exister.


Moduler les rapports entre la monnaie et l'euro selon les secteurs économiques et selon les degrés d'endettement et de richesse

Cela a été fait de manière imparfaite en Argentine en 2001-2. C'est très simple. Les créances sur les banques par le public, qu'il s'agisse de dépôts des particuliers ou des dépôts des entreprises ou des dépôts d'épargne, etc., devront être convertis dans la nouvelle monnaie. La conversion pourrait avoir lieu sur un rapport 1-1 pour plus de simplicité, pour faciliter la re-dénomination. Mais il pourrait aussi avoir lieu à des taux différentiels.

L'objectif du gouvernement était de parvenir à une certaine redistribution de la richesse. Alors, les gens avec moins d'argent dans la banque, les dépôts inférieurs, pourraient avoir changé leur argent à un taux avantageux de, disons, pas 1-1, mais de 1 à 1,2. Les gens avec de plus grandes quantités d'argent pourraient avoir leurs dépôts modifiés à 0,8 à 1. Vous auriez ainsi transféré l'argent des riches aux pauvres.

Ce moyen aurait été plus efficace avant 2010, lorsque les dépôts étaient encore très élevés dans les banques grecques. C'est devenu marginal, parce que les riches ont pris leur argent. Les politiques des cinq dernières années ont conduit à une fuite des capitaux. Donc, les cartes d'une politique de redistribution ne sont pas inexistantes. Mais elles ne sont plus ce qu'elles étaient. Dans une certaine mesure, le gouvernement de gauche peut penser à cela et peut l'appliquer si elle souhaite mobiliser un soutien, mais, comme je le dis, étant donné l'état des dépôts dans les banques grecques maintenant, la marge pour ces sortes de politiques de redistribution n'est pas très grande.


Remise en cause de l'euro comme monnaie mondiale

L'euro en serait affectée. C'est le vrai problème du point de vue de ceux qui dirigent l'union monétaire, et c'est aussi une préoccupation pour les États-Unis. Il ne s'agit pas d'une simple compétition entre les USA et l'Europe, ce que les lectures marxistes affirment souvent de manière simpliste. C'est une relation symbiotique, de conflits, mais aussi de soutien mutuel.

Le rôle de l'euro serait affecté si cela se produisait, il y aurait une perte de confiance en elle, peut-être un peu de défiance, accompagnée par l'instabilité financière, le ressac qui aurait une incidence sur les Etats-Unis - le dollar - et les contrats en dollars. Et c'est quelque chose que les États-Unis ne veulent pas voir.

Du point de vue de la gauche, ce n'est pas une préoccupation. Ce n'est pas notre travail de sauver l'euro ou le dollar comme monnaie mondiale. Il y a d'autres personnes qui sont pleinement engagées dans cela. Nous avons un objectif différent.

 

Face à la peur qu'engendre l'idée d'une sortie de l'euro, des plans pour une monnaie parallèle au sein de l'euro ?

J'ai soutenu l'idée de l'émission de reconnaissances de dettes par l'Etat qui seraient en circulation et seraient en mesure de payer des impôts, ce qui est fondamentalement l'idée. C'est une idée qui a émergé selon différents formats dans différentes parties du monde.

Je ne pense pas que cela, cependant, pourrait être une réponse à long terme pour l'austérité. C'est un vœu pieux. Tout au plus, ce peut être une mesure supplémentaire pour créer des liquidités, tandis que la Grèce sera sous la pression de ceux qui contrôlent les robinets de liquidités principale - en d'autres termes, M. Draghi et la BCE.

Cette étape, la circulation parallèle, créerait immédiatement des problèmes d'équivalence entre le réel de l'euro et l'euro arbitraire créé par la Grèce, en raison du cours réel de l'euro qui serait considéré comme ayant plus de valeur que l'autre et il y aura un taux de change différent entre les deux. Ce serait un perturbateur de la circulation monétaire et de l'argent en général. Ce n'est pas un arrangement durable. Ce n'est qu'un palliatif. Et, à la fin du processus, c'est un pis-aller vers la sortie, essentiellement. C'est comme ça qu'il faut le comprendre.

Alors oui, je suis en faveur de celui-ci - en fait, c'est quelque chose que le gouvernement devrait envisager sérieusement dans le cadre de son arsenal pour les négociations de juin. Mais il ne faut pas avoir l'illusion que cela pourrait être une solution stable et permanente. Parce que ce n'est pas possible.


Des hypothèses, mais compter avant tout sur le soutien populaire

Syriza doit penser avant tout à la façon de maintenir le soutien populaire. Les gens veulent voir des mesures de soulagement, et ils veulent voir une opposition à la Troïka. Cependant, en soi, cela ne suffit pas. Un plan est également nécessaire pour la prochaine ronde de négociations, car le piège est là et il attend. Le plan B devra s'exprimer au niveau de la haute politique en premier lieu, parce que c'est là que la crise se situe. Et nous avons besoin de l'intervention au niveau de la haute politique et au niveau de l'Etat. Bien sûr, tout type de stratégie qui est dans les intérêts des travailleurs - tout type de stratégie de transition - doit intégrer précisément le collectif et le secteur public en général. L'idée que l'Etat prend toute la place est une idée ancienne qui est morte avec l'effondrement du bloc de l'Est. Ce n'est plus dans les plans.

Je prends au sérieux la très forte vague de soutien populaire pour le gouvernement depuis l'élection. Nous n'avons pas vu beaucoup de mobilisation, c'est vrai. Mais le soutien est énorme. Le soutien en faveur de ce qui se passe pour aider ce gouvernement à prendre des mesures est énorme. Et c'est la chose la plus positive. Comment cela va-t-il se traduire ? Je ne sais pas. Nous devons mobiliser pour des solutions radicales et des réponses radicales."

Costas Lapavitsas


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