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Billet de blog 24 janvier 2025

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Les « néophilosémites » : un cache-sexe pour d'autres réalités ?

Le regain de philosémitisme affiché par certains courants politiques contemporains pose question. L’administration qui a collaboré avec l’occupant nazi n’a jamais été démontée. Ses fondations vermoulues sont encore présentes. Comment, bâtir la confiance citoyenne lorsque des institutions portent encore, parfois inconsciemment, l’héritage d’un système xénophobe et antisémite ?

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Une Épuration Inachevée ...Ambiguïtés Historiques en Europe et en France

L'après-guerre en Europe a souvent été présenté comme une période de rupture radicale avec les idéologies et les systèmes qui avaient permis l'horreur nazie. Pourtant, l'examen attentif des faits révèle une continuité troublante dans les administrations, à commencer par la France et l'Allemagne, mais également dans d'autres pays européens. Alors que les régimes s'effondraient, les structures administratives, elles, demeuraient largement intactes, recyclant souvent les cadres compromis du régime précédent. Cette épuration incomplète soulève des questions profondes sur la construction des États modernes et la mémoire collective.

En France, après la Libération, une épuration judiciaire a certes été menée. Des figures comme Philippe Pétain ou Pierre Laval ont été jugées et condamnées. Mais si les têtes visibles du régime de Vichy ont été sanctionnées, une grande partie de l'appareil administratif, policié et judiciaire a continué de fonctionner sans réelle remise en question.

Des hauts fonctionnaires, à l'image de Maurice Papon ou Jean DIDES (Jean-dides-aux-origines-de-notre-police), ont pu poursuivre des carrières prospères dans l'administration d'après-guerre, malgré leur implication directe dans la collaboration. La police parisienne, qui avait collaboré activement à la rafle du Vel d’Hiv en 1942, a été épargnée par des purges systématiques.

En Allemagne, la situation était encore plus manifeste. Malgré la dénazification entreprise par les Alliés, les besoins de reconstruire rapidement un État fonctionnel ont conduit à des compromis.

En RFA, dès les années 1950, une grande partie des anciens fonctionnaires nazis, y compris des juristes et des policiers, ont été réintégrés. Des figures comme Reinhard Gehlen, ancien chef des services de renseignement militaire de la Wehrmacht, ont joué des rôles clés dans la création des services de renseignement ouest-allemands.

Une logique pragmatique au détriment de la justice... et de l'évolution des consciences...

Ce maintien de cadres compromis s’explique souvent par un argument pragmatique : l’état de chaos qui régnait après la guerre rendait nécessaire l’utilisation de compétences administratives et techniques préexistantes.

Les Alliés eux-mêmes, face à la menace soviétique, ont adopté une posture opportuniste en choisissant la stabilité plutôt que l’épuration. La guerre froide a prévalu sur la justice.

Pourtant, cette continuité a eu des conséquences profondes sur la manière dont les sociétés européennes ont traité leur propre passé. En évitant une réelle rupture, elles ont maintenu des zones d’ombre et permis aux survivances idéologiques de se perpétuer, parfois jusqu’à nos jours. En France, l’absence d’un véritable travail de mémoire sur la collaboration a également alimenté une certaine complaisance envers les figures contestées.

Dans ce contexte, le regain de philosémitisme affiché par certains courants politiques contemporains français, comme le RN ou le machin de Ciotti et bien d'autres pose question.

Si la défense des valeurs républicaines et de la mémoire juive est essentielle, elle peut être instrumentalisée pour masquer d’autres réalités.

En insistant sur une posture morale face à l’antisémitisme, certains cherchent à occulter l’absence de révision structurelle des institutions ou à détourner l’attention des problèmes systémiques actuels, ou à discréditer leur seul véritable adversaire politique...LFI.

L’administration française qui a collaboré avec l’occupant nazi n’a jamais vraiment été démontée. Ses fondations vermoulues sont encore présentes dans certaines structures modernes. Comment, dès lors, bâtir la confiance citoyenne lorsque des institutions portent encore, parfois inconsciemment, l’héritage d’un système xénophobe et antisémite ? C'est flagrant avec Retailleau darmanin ou Ciotti... quoiqu'ils en disent...

LA NON-ÉPURATION EN FRANCE - avec Annie LACROIX-RIZ

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