Danse Macabre des Va-t-en-guerre
Regardez-les, ces fauves en costume,
les poitrines gonflées de certitudes,
la mâchoire serrée d’un empire en papier,
les doigts gantés de velours sur le bouton écarlate.
Ils pérorent, tonnent, menacent,
leurs ombres s’étirent sur les cartes du monde,
leurs silhouettes de géants enflent sous les projecteurs,
mais ce ne sont que des rats ventriloques,
des bouffons couronnés de cendres.
Macron le cauteleux, dentelles sur les poings,
Netanyahou le forcené, l’œil rivé sur la cendre,
Trump le clown ignare, ventre bombé de suffisance,
Poutine le tsar de pacotille, glaive rouillé sous la toge.
Chacun croit mener la danse,
chacun s’imagine maître du temps,
commandant des tempêtes nucléaires,
joueur d’échecs sur un plateau en flammes.
Mais l’atome n’a pas de maître.
Il ne demande pas de passeport,
ne connaît ni coffre-fort ni comptes en Suisse,
il ne s’agenouille pas devant les palais dorés,
ne détourne pas son regard des couronnes et des sceptres.
Il danse, lui.
Il valse au rythme des explosions,
il brûle la chair du prolétaire et du prince,
il ne distingue pas l’idiot du génie,
il ne se soucie pas des drapeaux,
il souffle sur le marbre et la boue,
il dévore, il unit dans la même cendre.
Ah ! Ils s’imaginent à l’abri,
dans leurs bunkers bardés d’or et d’orgueil,
dans leurs châteaux aux portes blindées,
pendant que la piétaille crève sous les bombes,
pendant que les gosses fondent comme cire sous les cieux irradiés.
Mais l’illusion est brève.
La guerre, la vraie, n’a ni rempart ni sauf-conduit.
Le feu ne se négocie pas,
il lèche, il gronde, il consume,
il ne fait pas crédit aux seigneurs du carnage.
Alors, dansez, dansez,
fauves aux crocs cariés,
dansez sur vos trônes d’os,
le grand bal approche,
et l’atome, lui,
est démocrate.