L'Occident et les conflits mondiaux : Une analyse historique des guerres, génocides et divisions géopolitiques
Introduction
L'histoire des conflits mondiaux révèle des schémas récurrents où l'influence occidentale a joué un rôle déterminant dans le déclenchement et la perpétuation des guerres, mais aussi dans l’exécution ou la facilitation de génocides à travers les siècles. Cet article propose d'examiner comment, depuis les conquêtes coloniales jusqu'à l’époque contemporaine, les puissances occidentales ont systématiquement initié des conflits, orchestré des exterminations de masse et créé des divisions artificielles pour préserver leurs intérêts.
Cette analyse intègre les génocides perpétrés contre les peuples autochtones des Amériques, les Aborigènes d’Australie, les Herero et Nama en Namibie, les Papous ou encore les ravages du colonialisme en Afrique. Elle aborde également la Shoah (Première et Deuxième, selon la terminologie controversée appliquée à Gaza), tout en rappelant que d’autres empires, comme ceux issus des conquêtes musulmanes en Inde, ont également commis des massacres de masse, souvent avec la complicité de certaines élites locales. Ces rappels historiques n’excusent en rien les crimes occidentaux, mais invitent à une réflexion globale sur les mécanismes de domination.
I. Les génocides coloniaux : Une violence systémique
1. L’extermination des peuples autochtones en Amérique
Entre les XVet XIXsiècles, la colonisation des Amériques s’est accompagnée d’un génocide à grande échelle. Les Espagnols, Portugais, Britanniques et Français ont exterminé près de 90 % des populations autochtones (environ 55 millions de morts), via des massacres directs (comme le massacre de Wounded Knee), l’esclavage, les déplacements forcés (la « Piste des Larmes » aux États-Unis) et l’introduction de maladies. Les politiques d’assimilation forcée, comme les pensionnats pour enfants autochtones au Canada, ont poursuivi cette logique d’effacement culturel jusqu’au XXsiècle.
2. Australie : Le silence sur l’extermination aborigène
En Australie, la colonisation britannique (1788-1930) a décimé les Aborigènes par des massacres (comme celui de Myall Creek en 1838), des empoisonnements et une politique délibérée de dépossession territoriale. Les « générations volées » (1910-1970), où des enfants étaient arrachés à leurs familles pour être « civilisés », constituent un crime contre l’humanité reconnu tardivement.
3. Namibie : Le premier génocide du XX siècle
Entre 1904 et 1908, l’Allemagne coloniale a exterminé 80 % des Herero et 50 % des Nama en actuelle Namibie. Les survivants furent envoyés dans des camps de concentration, préfigurant les méthodes nazies. Ce génocide, reconnu par l’Allemagne en 2021, illustre la violence racialisée du colonialisme européen.
4. Afrique : Exploitation et massacres
En Afrique, le régime de l’État indépendant du Congo (sous Léopold II de Belgique, 1885-1908) causa la mort de 10 millions de Congolais, torturés ou exécutés pour ne pas remplir les quotas de caoutchouc. En Algérie, la France coloniale (1830-1962) pratiqua des enfumades (étouffement de populations dans des grottes) et déporta des tribus entières, réduisant la population autochtone de 30 % en quarante ans.
5. Papouasie : Un génocide oublié
En Papouasie occidentale, annexée par l’Indonésie en 1963 avec le soutien des États-Unis, les populations papoues subissent depuis des décennies une politique d’assimilation violente, des massacres (comme celui de Biak en 1998) et une exploitation minière qui détruit leur environnement. Le nombre de victimes est estimé à plus de 500 000.
II. La Shoah et ses résonances contemporaines
1. Shoah 1 : L’industrialisation de la mort
Le génocide juif (1941-1945), planifié par le régime nazi, reste un événement central de l’histoire occidentale. L’Holocauste, ayant causé la mort de 6 millions de Juifs, fut rendu possible par un appareil bureaucratique moderne et une idéologie raciale héritée en partie des théories eugénistes occidentales du XIX siècle.
2. Shoah 2 à Gaza : Une terminologie controversée
Certains analystes, notamment dans les discours militants, comparent la situation à Gaza à une « seconde Shoah », pointant le blocus israélien (depuis 2007) et les opérations militaires répétées (comme en 2008-2009, 2014 et 2023) ayant fait des milliers de victimes civiles. Cette analogie, bien que rejetée par de nombreux historiens en raison de son inexactitude contextuelle, soulève des questions sur l’usage disproportionné de la force et le traitement des Palestiniens.
III. Conquêtes musulmanes et massacres en Inde : Un rappel nécessaire
Sans dédouaner l’Occident, il est crucial de mentionner les violences massives perpétrées lors des conquêtes musulmanes en Inde (du VIIIau XVIIIsiècle). Des raids comme ceux de Mahmoud de Ghaznî (XIsiècle) ou le sac de Delhi par Tamerlan (1398) firent des centaines de milliers de morts. L’Empire moghol, bien que syncrétique, pratiqua aussi des persécutions religieuses, comme sous Aurangzeb (XVIIsiècle). Ces violences furent souvent facilitées par des alliances avec des élites hindoues locales, soucieuses de préserver leurs privilèges.
Conclusion
L’histoire occidentale est marquée par une succession de génocides et de conflits motivés par l’expansionnisme, le racisme et l’exploitation économique. Des Amériques à la Palestine, en passant par l’Afrique et l’Australie, ces crimes ont laissé des traumatismes durables. Cependant, cette analyse ne doit pas occulter les violences commises par d’autres empires, comme celles des conquérants musulmans en Inde, rappelant que les mécanismes de domination sont universels.
La reconnaissance de ces crimes, occidentaux comme non-occidentaux, est essentielle pour construire des relations internationales équitables. Elle implique de dépasser les logiques de supériorité culturelle, de restituer les biens spoliés et de garantir aux peuples autochtones et opprimés le droit à l’autodétermination. Seule une mémoire collective honnête peut éviter la répétition de ces tragédies.
Yahya Yachaoui