La ministre qui n’en était pas une

Gérard Collomb vient de présenter sa démission. Pourtant il y a toujours un ministre au Ministère de l’Intérieur. Et chacun de faire comme s’il n’existait pas. Evidemment, ce ministre est une femme !

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La parité fut longtemps un marqueur du Parti Socialiste. Puis vint François Hollande…

En 2012, le Parti Socialiste est omniprésent, omnipotent aussi. Il préside la France, le Gouvernement, l’Assemblée Nationale, le Sénat.

Depuis 2014, le PS préside l’Assemblée des Français à l’étranger.

Depuis 2016, le PS préside le Conseil Constitutionnel.

A chacun de ces postes clés, pas une seule femme !

Au départ de Martine Aubry, le parti socialiste lui-même sera dirigé par un homme à qui succédera un autre, blanc né à Neuilly comme il se doit.

Pire ! Aux dernières élections du parti, pour en élire son dirigeant, pas une femme ne sera candidate.

Bien sûr, le sexe ne vaut pas compétence mais la liste est longue, trop longue.

Le salut ne viendra pas de la droite.

On peut imaginer sans peine chacun des partis politiques français présenter une femme comme candidate à la magistrature suprême. Et tous l’ont fait au moins une fois, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Tous ? Non, les Républicains, ex-UMP, ex-RPR résistent à l’envahisseuse. Ce n’est simplement pas dans leur logiciel.

Lorsque s’est créée une association pour le renouvellement en politique, on s’est mis à espérer. Quand cette association est devenue un parti politique en marche, on s’est mis à y croire sérieusement. Quand le candidat de  La République En Marche a remporté l’élection présidentielle, on s’est dit : Enfin !

Et puis rien, ou si peu. L’Assemblée s’est rapprochée de la parité mais les postes clés n’ont pas été redistribués.  Et les femmes ont été priées de continuer à admirer leurs mâles collègues… de loin.

Aujourd’hui, un nouveau pas a été franchi !

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La nomination de Jacqueline Gourault, en tant que ministre auprès d’un ministre supposait qu’elle était appelée à le remplacer bientôt. Sinon comment justifier cette position de ministre auprès d’un ministre ?

Il semble qu’il n’en est rien. C’est le Premier Ministre lui-même qui assurera l’intérim.

Jacqueline Gourault est pourtant titulaire d'un ministère doté d’un directeur de cabinet, d’une cheffe de cabinet et de 6 conseillers. D'après le décret stipulant ses attributions, elle « connaît de toutes les affaires que lui confie le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur ». Elle « reçoit délégation du ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, pour signer, en son nom, tous actes, arrêtés et décisions, dans la limite des attributions qui lui sont confiées. Elle contresigne, conjointement avec le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, les décrets relevant de ces attributions. ». Et son agenda est chargé.

Alors qu’est-ce qui empêche Jacqueline Gourault d’assurer la position qui lui revient naturellement ?

C’est étrangement la question que ne pose aucun journaliste au Premier Ministre.

Pour que tout soit consommé, pour que tous ces hommes se sentent moins seuls, il ne reste plus qu’à souhaiter le retour de Manuel Valls Place Beauveau.

Et pour les autres, celles et ceux qui veulent y croient encore, il ne reste que le subterfuge suggéré par cette magnifique chanteuse indonésienne...

Frau - i'm a sir © Ia Patatishvili

 

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