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Billet de blog 6 mai 2019

Arnaud Dubus, journaliste essentiel, n’est plus

Les circonstances de la mort d’Arnaud ne sont pas encore élucidées. Dans l’urgence, certains concluront au suicide. Or, l’urgence est l’ennemie du journaliste, de la vérité aussi.

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Rien n’est plus vieux que le journal de ce matin

et Arnaud Dubus est toujours jeune.

Arnaud Dubus est devenu, au cours des années, synonyme de journalisme de qualité. Son secret : dépasser la classique dichotomie entre le journaliste et l’écrivain, entre le temps qui passe et le temps qui dure. Arnaud était à la fois journaliste et écrivain.

Correspondant de presse couvrant l’Asie du Sud-Est pendant trois décennies, il en connaissait l’histoire, la culture, les langues aussi. Arnaud Dubus ne se contentait pas de lire la presse anglophone de pays qui ne le sont pas.

De l’Algérie à la Thaïlande,

combien de journalistes pressés

commettent encore aujourd’hui cette erreur fatale

et croient comprendre un pays

en lisant la presse de la bourgeoisie compradore ?

Spécialiste de la presse thaïlandaise, Arnaud Dubus participait volontiers aux Salons du Vendredi organisés à Bangkok par Français du Monde, l’Association Démocratique des Français à l’Etranger. Arnaud se passionnait des rapports entre la société et la religion.

Ici, il nous parlait du bouddhisme politique en Thaïlande.

Existe-t-il un bouddhisme politique en Thaïlande ? © Français du Monde Thailande

Là, il nous éclairait sur les implications de la mort du plus grand Roi de Thaïlande.

Thaï Actu' Décembre 2016 © Français du Monde Thailande

Là encore, il essayait de comprendre avec nous l’histoire tumultueuse des trois provinces musulmanes du sud de la Thaïlande.

Thaï Actu' Février 2017 © Français du Monde Thailande

L’un de ses derniers livres abordait le sujet douloureux de la présence chrétienne au Cambodge.

Arnaud réunissait des qualités qu’il est bien rare de rencontrer ensemble : Erudition et humilité, Intelligence et naïveté, Profondeur et Sens de l’humour. 

Il était difficile de ne pas l’aimer spontanément.

Chez lui, chaque évènement est le produit d’une histoire et de la grande Histoire. Arnaud s’évertuait à replacer toute information dans son contexte socio-historique. Grand érudit, il ne savait pas tout mais ce qu’il savait, il le savait bien, très bien même. Et il était capable de l’enseigner au travers de mots simples et explicites.

Sans être professeur, Arnaud était une leçon de journalisme permanente

Journaliste essentiel, la vie d’Arnaud se confond avec son métier. A la fin, il est devenu lui-même une information, au service de ses confrères.

Libre à eux aujourd’hui de relever ce défi de qualité...

Il est encore possible de rendre un dernier hommage à Arnaud au Sala 14 du temple Tat Thong près de la station Ekkamai de Bangkok le 7 mai à 18 heures 30 et les 8 et 9 mai à 19 heures. La crémation aura lieu le 9 mai à 20 heures.

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