Pollution et changement climatique en Europe

La pollution atmosphérique et sonore, les conséquences du changement climatique, notamment les vagues de chaleur et l’exposition à des produits chimiques dangereux sont à l’origine de problèmes de santé en Europe.

Années de vie perdues pour 100 000 habitants dues aux particules PM25 et au dioxyde d'azote NO2 (2018) © Agence Européenne de l'Environnement Années de vie perdues pour 100 000 habitants dues aux particules PM25 et au dioxyde d'azote NO2 (2018) © Agence Européenne de l'Environnement

13 % des décès

Selon une importante étude sur la santé et l’environnement publiée le 8 septembre dernier par l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE), la mauvaise qualité des environnements contribue à 13 % des décès en Europe chaque année.

Selon le rapport de l’AEE, qui s’intitule «Un environnement sain, une vie saine: comment l’environnement influe sur la santé et le bien-être en Europe» (Healthy environment, healthy lives: how the environment influences health and well-being in Europe), une part importante de la charge de morbidité en Europe continue d’être imputée à la pollution environnementale résultant de l’activité humaine. 

Ce rapport, qui s’appuie largement sur les données de l’Organisation Mondiale de la Santé relatives aux causes de décès et de maladies, met en avant la manière dont la qualité de l’environnement en Europe a une incidence majeure sur notre santé et notre bien-être. Il montre comment le dénuement social, les comportements néfastes à la santé et l’évolution démographique en Europe influencent la santé environnementale, les plus vulnérables étant les plus sévèrement touchés.  

«Il existe un lien évident entre l’état de l’environnement et la santé de notre population. Chacun doit comprendre qu’en prenant soin de notre planète, nous ne sauvons pas seulement les écosystèmes, mais aussi des vies, et plus particulièrement celles des plus vulnérables. L’Union européenne s’emploie à mettre cette approche à exécution et, au travers de la nouvelle stratégie en faveur de la biodiversité, du plan d’action en faveur de l’économie circulaire et d’autres initiatives à venir, nous sommes en bonne voie pour bâtir une Europe plus résiliente et plus saine pour les citoyens européens et par-delà nos frontières», a déclaré Virginijus  Sinkevičius, commissaire à l’environnement, aux océans et à la pêche. 

«La COVID-19 a été un énième signal d’alarme, nous faisant prendre pleinement conscience de la relation entre nos écosystèmes et notre santé ainsi que de la nécessité de faire face à la réalité: notre façon de vivre, de consommer et de produire est préjudiciable au climat et impacte négativement notre santé. De notre stratégie ‘De la ferme à la table’ qui entend promouvoir une alimentation durable et saine au futur plan européen de lutte contre le cancer, nous nous sommes fermement engagés à protéger la santé de nos citoyens et de notre planète», a déclaré Stella  Kyriakides, commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire. 

« La prise en considération de ces interconnexions doit s’inscrire dans une approche intégrée en faveur d’une Europe plus inclusive et plus durable», a déclaré Hans  Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE. 

Principales constatations

  • La pollution atmosphérique demeure la principale menace environnementale pour la santé en Europe, avec plus de 400  000  décès prématurés dus à la pollution atmosphérique chaque année au sein de l’UE.

 

  • La pollution sonore arrive en deuxième position, contribuant à 12  000  décès prématurés, suivie des conséquences du changement climatique, et plus particulièrement les vagues de chaleur.

 

  • La charge que représentent la pollution et le changement climatique varie au sein de l’Europe, avec de nettes différences entre les pays de l’est et de l’ouest de l’Europe. 

 

  • Si la proportion la plus élevée des décès nationaux imputables à l’environnement a été enregistrée en Bosnie-Herzégovine (27 %), la plus faible a été relevée en Islande et en Norvège (9 %).

 

  • Des mesures ciblées doivent être adoptées pour améliorer les conditions environnementales des plus vulnérables en Europe.

 

  • Les gens sont constamment exposés à de multiples risques, notamment à la pollution de l’air et de l’eau, à la pollution sonore, ou encore aux produits chimiques, lesquels se combinent et, dans certains cas, agissent de concert pour nuire à la santé. Les villes européennes sont particulièrement vulnérables à ces multiples menaces, et elles disposent également d’un accès plus réduit aux espaces verts et bleus.

 

  • Les recherches actuelles cherchent à déterminer les liens existants entre la pandémie actuelle de COVID-19 et les dimensions environnementales. 

On estime que le virus à l’origine de la COVID-19 a «franchi la barrière de l’espèce», passant des animaux aux êtres humains, ce qui constitue une conséquence imprévue de la pression exercée par la consommation croissante sur nos systèmes naturels. 

En ce qui concerne l’incidence de la COVID-19 sur les communautés, les premiers éléments de preuve suggèrent que la pollution atmosphérique et la pauvreté pourraient entraîner des taux de mortalité plus élevés. 

La solution ?

Une meilleure intégration des politiques et plus d’espaces verts et bleus

Le rapport souligne qu’il convient d’adopter une approche intégrée des politiques de l’environnement et de la santé pour faire face aux risques environnementaux, protéger les plus vulnérables et profiter pleinement des bienfaits de la nature en matière de santé et de bien-être.

Une nature saine est un mécanisme fondamental pour garantir la santé publique, réduire les maladies et favoriser la bonne santé et le bien-être. 

Les solutions vertes offrent un triple avantage pour la santé, la société et l’environnement. 

Les espaces verts et bleus de qualité dans les zones urbaines favorisent la santé et le bien-être, en ce qu’ils constituent des lieux pour l’activité physique, la relaxation et l’intégration sociale, et offrent des avantages majeurs pour les communautés pauvres. 

Les espaces verts et bleus rafraîchissent les villes lors des vagues de chaleur, atténuent les inondations, réduisent la pollution sonore et favorisent la biodiversité urbaine. 

Au cours de la pandémie de COVID-19, de nombreux observateurs ont noté un regain d’intérêt pour les avantages que procure l’accès aux espaces verts et bleus, en particulier dans les zones urbaines, sur le plan de la santé et du bien-être.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.