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Billet de blog 19 avr. 2022

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Emmanuel Macron est une femme comme les autres

Marine Le Pen s’est affichée en femme d’État. En face d’elle se présente un candidat qui a fait de la république une affaire d’homme. Et si, au lieu d‘être un choix de civilisation, le second tour de l’élection présidentielle était une nouvelle version de la guerre des sexes ?

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Dans la république d’Emmanuel Macron, Le Président de la République est un homme. Le Premier Ministre est un homme. Le Président du Sénat est un homme. Le Président de l’Assemblée Nationale est un homme. Le Président du Conseil Constitutionnel est un homme. Le Vice-Président du Conseil d’État est un homme. Le Président du Conseil Économique Social et Environnemental est un homme. Le Président de l’Association des Maires est un homme.

Dans le parti politique d’Emmanuel Macron, le délégue général est un homme. Le président du groupe des députés de La République en Marche à l’Assemblée Nationale est un homme. Le président du groupe des sénateurs de La République En Marche au Sénat est un homme.

Le porte-parole d’Emmanuel Macron est un homme.

Au second tour de l’élection présidentielle se présente en face d’Emmanuel Macron ...une femme.

Tiens ? Quelle idée incongrue ?

Marine Le Pen est d’abord la fille de son père.

Et être la fille de Jean-Marie Le Pen n’était pas une mince affaire. Non pas seulement parce que l’homme a marqué la vie politique française des cinquante dernières années tant par sa longévité que par ses idées dénuées de la plus élémentaire humanité. Mais Marine Le Pen a réussi à exister d’abord, puis à s’imposer et enfin à s’emparer du parti de son père pour en faire le sien. Personne ne nie aujourd’hui que Marine Le Pen est la véritable patronne du parti de son père.

Le présent de ce parti est une femme, elle s’appelle Marine le Pen. Et le futur de ce parti est une femme, elle s’appelle Marion Maréchal.

Dans le monde actuel, il est assez rare qu’une femme, cheffe de l’exécutif succède à une autre femme en tant que cheffe de l’exécutif. Le seul exemple connu est celui du Bangladesh, où une femme Première Ministre, voilée de surcroît, en a succédé à une autre en tant que Première Ministre, elle aussi voilée.

Marine Le Pen est avocate. Elle n’est pas devenue avocate par équivalence suite à un siège de député comme beaucoup d’hommes politiques. Non, elle a étudié, passé ses examens et les a réussis année après année, pendant cinq ans. Avec difficulté certes, Marine Le Pen n’est pas douée pour les études. Mais Marine Le Pen a persévéré et Marine Le Pen a réussi.

Marine Le Pen n’a pas eu la chance de rencontrer un homme de son calibre. Ce n’est certes pas facile d’épouser la fille du patron; surtout quand le patron s'appelle Jean-Marie Le Pen. Et Marine Le Pen a dû, comme beaucoup de femmes hélas, élever seule ses enfants. Et elle a su préserver leur intimité, ce qui n’est pas chose facile quand on est une femme publique. Mais là encore Marine Le Pen a persévéré et Marine Le Pen a réussi.

Comme beaucoup de femmes politiques, Marine Le Pen a subi un procès en incompétence. Et elle a été maintes fois trahie pour cette seule raison. Et pourtant, elle est là au deuxième tour de l’élection présidentielle pour la seconde fois de suite. Là encore, Marine Le Pen a persévéré et a réussi.

Est-ce à dire que Marine le Pen est une femme d’état ? Non, bien sûr.

Mais humainement, elle a démontré de grandes qualités.

Il est difficile de démontrer des qualités de manager quand on a pas dirigé une famille, un parti ou même une association. Le mot anglais manager vient d’ailleurs du français ménagère. Parce qu’une ménagère sait équilibrer son budget certainement mieux qu’un banquier….surtout lorsque celui-ci endette son pays chaque année d’au moins 100 milliards.

Il est à juste à espérer que Marine Le Pen comprenne qu’un immigré, lui aussi, est une femme comme les autres.

Que souvent l’immigré est une immigrée. Et qu’elle aussi parfois doit élever ses enfants seule. Seule, elle aussi doit tenter d’équilibrer son budget faiblement alimenté, tous les mois, tous les jours.

Et que pour alimenter ce budget, elle doit parfois s’occuper des autres, du ménage des autres, des enfants des autres…

Et que toute cette énergie dépensée rend difficile toutes les tracasseries administratives, toutes les remarques racistes de celles et ceux qui n’ont jamais eu à élever leurs enfants seule.

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