Yamine Boudemagh (avatar)

Yamine Boudemagh

Citoyen Hyper-Engagé

Abonné·e de Mediapart

304 Billets

2 Éditions

Billet de blog 21 décembre 2016

Yamine Boudemagh (avatar)

Yamine Boudemagh

Citoyen Hyper-Engagé

Abonné·e de Mediapart

Colin-Maillard et Tartempion sont les rois de la représentation

Article publié en 2013

Yamine Boudemagh (avatar)

Yamine Boudemagh

Citoyen Hyper-Engagé

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Onze députés réclament « une commission d’enquête parlementaire sur les relations franco-libyennes » (sic). L’excellent article de MARINE TURCHI et MATHIEU MAGNAUDEIX dans Médiapart décrit les raisons et les difficultés de la démarche de ces députés.

Parmi ces députés, trois ont une longue expérience de l’activité parlementaire; les autres sont de jeunes novices qui n’ont pas encore été formatés par le marécage de l’action parlementaire. Il s'agit de Noël Mamère, Daniel Goldberg, François de Rugy, Nicolas Bays, Pouria Amirshahi, François-Michel Lambert, Sébastien Denaja, Razzy Hammadi, Sergio Coronado, Arnaud Leroy et Alexis Bachelay.

Il serait de bon ton de soutenir et partager leur enthousiasme. Il manque cependant à ces députés deux qualités essentielles pour transformer cet enthousiasme en efficacité politique : l’intelligence et le courage, ces qualités que Françoise Giroud a cherchées en vain chez nos mâles politiques.

Il est effectivement à noter que l’on ne trouve aucune femme parmi ces vaillants Don Quichotte de la politique. Et pour cause, la chasse aux moulins à vents ne les intéresse pas. Peut-être ont-elles l’intelligence de ne pas feindre d’oublier que la gauche est au pouvoir. Oui, P.S. et E.E.L.V., les partis dont sont issus nos enthousiastes députés, composent le gouvernement. Il paraît même qu’ils détiennent le pouvoir exécutif.

  •  Rien n’empêche le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, de demander à ses troupes la vérité sur les relations franco-libyennes en général et celles des banquiers de Sarkozy et de Gaddafi en particulier. 
  • Comme rien n’empêche le ministre de la défense, Jean-Yves le Drian, de poser les mêmes questions à ses troupes.
  • Et rien n’empêche le président de la république, François Hollande comme le premier ministre, Jean-Marc Ayrault de lever tous les secret-défense qui font obstruction à la bonne marche de la justice.

L’efficacité politique suggérerait d’interroger non pas une hypothétique commission parlementaire mais ceux dont la fonction exige de connaître ces réponses. Que pourrait connaître les députés que le chef d’état-major des armées ne pourrait pas ?

L’intelligence en politique consiste à poser les bonnes questions aux bonnes personnes. Le courage consiste à exiger les bonnes réponses à ces questions :

  • Qu’est-ce qui empêche ces onze députés de trouver 4 autres députés parmi les 566 restants pour les rejoindre et former un groupe parlementaire pour la vérité en politique ? L’intelligence et le courage.
  • Qu’est-ce qui empêche ces mêmes députés de démissionner en bloc et forcer onze élections législatives partielles dont le thème de campagne ne sera que l’exigence de ces réponses sur les véritables raisons de la guerre en Libye ? L’intelligence et le courage.

 L’intelligence et le courage existent dans la société civile. Et le rôle d’un politique est de les susciter. De Gaulle, dans son célèbre  françaises, français, aidez-moi  en 1961, a su faire appel aux citoyens face à un quarteron qui croyait détenir le pouvoir exécutif. Aujourd’hui, s’il vous plaît, aidez-nous à vous aider.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.