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Billet de blog 21 décembre 2016

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Déroute du P.S. : la faute à Al-Qaïda

Article publié en 2014

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Surfant sur l’émotion naturelle liée à l’assassinat d’un journaliste français, le gouvernement de Manuel Valls a décidé de communiquer. C’est normal, c’est ce qu’il fait de mieux. Le problème ? Ce qu’il fait de mieux est un tissu d’amalgames et d’incohérences.

Attaquée au Mali, la France décide de communiquer sur… la Syrie. Enfin pas exactement la Syrie mais les filières françaises qui y mènent. On ne sait toujours rien de la situation au Mali, ni d’ailleurs pourquoi la France se trouve mêlée à ce conflit. Mais enfin, il s’agit toujours ici et là de ceux que l’on appelle communément les « djihadistes ». Manuel Valls n’a pas réussi à finir ses études d’histoire à Tolbiac, il ne va pas commencer aujourd’hui des études de géographie.

Mali ou Syrie, on  en saura, de toutes façons, pas plus. Le Ministre de la Défense restera, comme il se doit, muet sur la question. Et le ministre des Affaires étrangères est trop occupé à satisfaire les professionnels du tourisme en essayant de revenir sur le travail dominical. Et pour cause, il vient de récupérer le Commerce Extérieur qu’il a chipé au tout nouveau ministre de l’Economie. Alors les histoires de visa, ça ne l’intéresse plus. Ne restait plus que le ministre de l’intérieur de disponible. Ça tombe bien, c’était justement l’ancien poste de notre nouveau premier ministre.

Bernard Cazeneuve a donc communiqué en grande pompe son nouveau plan pour combattre les filières « djihadistes » en France certes mais à destination de la Syrie tout de même. On apprend qu’il y aurait donc 700 « djihadistes » en Syrie en provenance de France. Il semblerait que sur ces 700 « djihadistes », 250 seraient des combattants; les autres ne constituant que la famille qui les a suivis. S’ils sont moins nombreux que les 1900 femmes qui portaient le voile intégral, ils en ont la même structure : Pour la moitié, il s’agit de convertis d’origine religieuse chrétienne et issus de parents de nationalité française. L’objectif de ce plan d’envergure est donc de récupérer ces 125 « combattants » français.

Le plan mûrement réfléchi de Bernard Cazeneuve, dans un premier temps, aimerait recenser ces « djihadistes ». L’idée est d’attendre que leurs parents les dénoncent grâce à l’institution d’un numéro vert. Aussitôt informé, les préfets agiront alors comme il se doit. Les mauvaises langues poseront l’éternelle question de l’efficacité voire de l’utilité de la DCRI. Et l’on suppose bien sûr que la DGSE n’a toujours pas infiltré ce groupuscule de francophones parmi les rebelles syriens. Je rappelle à toutes fins utiles que les rebelles syriens sont les alliés plus ou moins objectifs du président Hollande dans son combat contre son homologue syrien.

Pour en revenir à nos « djihadistes » bien de chez nous, on constate de bien curieuses habitudes. Tout d’abord ils ne fréquentent en général pas les mosquées. Celles-ci étant largement surveillées voire infiltrés par nos services, on connaîtrait alors facilement l’identité de ces « djihadistes ». Comme disait un autre fameux ministre de l’intérieur à Toulouse, il s’agit bien évidemment de personnes qui s’auto-radicalisent toutes seules sur internet. Ensuite ils performent le djihad un peu comme on performe son Aliyah. D’ailleurs pour ces « djihadistes », un bon musulman est un musulman qui ressemble à un juif orthodoxe, barbe hirsute à l’appui.

Reste le plus étrange : Ces « djihadistes » ne partent jamais combattre aux côtés des musulmans contre un oppresseur forcément mécréant. Il n’y en avait qu’une quarantaine en Afghanistan, nous apprend David Thompson, un spécialiste de l’"islamisme radical"; oui, on en a quelques-uns en France. Non, ces « dhihadistes » ne partent pas combattre la France mécréante au Mali ni l’entité sioniste en Palestine occupée. Non, ces « djihadistes » partent tous en Syrie. Et certainement pas pour libérer la partie du pays occupée par cette même entité sioniste, le Golan. Au contraire, ils partent en Syrie combattre… des musulmans. Etonnant, non ?

Mais restons positifs sur les intentions du gouvernement de Manuel Valls. On apprend par ce même David Thompson que certains de ces « djihadistes » financent leur voyage grâce aux organismes de crédit à la consommation. Si dans un but salutaire de défense nationale, on supprimait ces usuriers, alors je promets de voter socialiste aux prochaines européennes ; Après tout, c’est le but, non ? 

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