Soyons cohérents. Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti ont été exclus du gouvernement pour divergences d’opinion. Manuel Valls considère qu’il n’y a pas d’alternative à gauche. Il interdit même le débat à ce sujet. Sa position est claire : Soit on est d’accord avec lui, soit on s’en va. Le P.S. n’a pas d’autre alternative que d’en tirer la seule conclusion qui s’impose : Manuel Valls, en tant que premier ministre, ne peut plus faire plus partie du P.S.
On s’en souvient. En 2009, Manuel Valls avait lui aussi « franchi la ligne jaune ». Martine Aubry, alors Premier Secrétaire du Parti, avait demandé à Manuel Valls de quitter le Parti Socialiste pour se mettre en conformité avec ses idées. N’ayant aucune autre alternative, le député de l’Essonne avait refusé. Il estimait alors qu’au P.S. on ne peut exclure « quelqu’un pour délit d’opinion ».
Harlem Désir soulignait que Manuel Valls n’avait jamais de formules assez louangeuses pour Nicolas Sarkozy pour sa politique de sécurité ou d'immigration. Jamais de formules assez dures contre son propre parti.
Claude Bartelone insistait : le parti, c'est pas une auberge espagnole
Mais Manuel Valls avait ses défenseurs au sein du parti. Etrangement, ce sont ceux qu’il a exclu aujoud’hui. A l’époque, Benoît Hamon, alors porte-parole du P.S., trouvait que la question de l’exclusion de Manuel Valls n’était pas objectivement posée (sic).
On retrouvait aussi Aurélie Filippetti dans la défense du déjà très libéral Manuel Valls : Si (Martine Aubry) veut envoyer des lettres à tous les gens du Parti Socialiste qui ne pensent pas comme elle, ça va faire beaucoup
Last but not least, Arnaud Montebourg réclamait évidemment un référendum sur l’organisation de primaires. On le sait maintenant, les primaires "socialistes" feront voter surtout les non-socialistes ; plus de deux millions et demi de votants pour contrer le vote des militants socialistes. Et malgré cette arnaque, Valls n'atteindra que péniblement 5,63 %.
Deux ans plus tard, un collectif socialiste demandait de nouveau son exclusion. Il lui reprochait encore de singer Sarkozy et de vouloir déverrouiller les 35 heures, véritable marqueur du Parti Socialiste. Clairvoyant, ce collectif demandait l’exclusion de Manuel Valls par fidélité envers nos idéaux les plus précieux, par courtoisie envers la mémoire de ceux qui construisirent la gauche et envers les aspirations de ceux qui n’attendent le salut de nos économies, de nos pays et de nos espoirs que d’une véritable alternance. Les citoyens français y percevraient enfin le signal d’une gauche idéologiquement refondée, qui se relève, s’arme et marche.
L’histoire retiendra l’erreur de n’avoir pas exclu à ce moment là un Manuel Valls qui, de toutes évidences, n’a rien à faire au Parti Socialiste. Aujourd’hui, il s’agit donc de ne pas persévérer dans l’erreur ; Il en va de la survie du parti. Le P.S. ne peut être à la fois un parti de gauche et un parti de centre droit. Il en va du respect des militants !
Soit Manuel Valls est exclu du Parti et le P.S. redevient un parti de gauche. Soit le P.S. ne fait rien, et Manuel Valls finira de l’achever.