Les hommes politiques ont réussi à nous faire croire qu’ils sont indispensables. Eux seuls auraient l’expérience et la connaissance des dossiers. Eux seuls sauraient gérer la France... surtout s'ils sont de droite.
En face, des journalistes, certes complaisants, ont eux-mêmes avalisé cette idée saugrenue. Et jamais, dans une interview politique en France, un journaliste ne remet en cause la compétence du politique assis en face de lui. En fait, aucun journaliste ne conteste jamais ce dogme politique. Au contraire, cet homme politique est compétent puisque le journaliste l’interviewe. Il en va de la compétence même du journaliste…. et de sa fascination du pouvoir.
Dans un monde idéal, une femme ou un homme politique serait issu(e) de la société civile où elle ou il aurait démontré une excellence dans un domaine précis. Et ce serait justement cette excellence qu’elle ou il nous proposerait d’appliquer à leur vision politique du pays. L’électeur français voterait alors en connaissance de cause.
En France, nous avons des hommes politiques qui n’ont jamais travaillé de leur vie, à moins de considérer comme un travail effectif l’exercice de leur profession de politicien professionnel.
Ici, c’est la méthode Coué permanente ; en politique, il suffit de se déclarer compétent pour l’être. Alors au pays du Port-Salut, la Droite est compétente et la Gauche serait composée de doux rêveurs.
Dans une récente interview, face à Olivier Galzi sur itélé, Thierry Mariani commentait un sondage de Valeurs Actuelles qui voyait Nicolas Sarkozy arrivé en tête du premier tour aux élections présidentielles et François Hollande éliminé quel que soit le candidat UMP. Ce sondage n’est pas revendiqué par IPSOS, l’institut censé l’avoir réalisé. Cela n’a posé aucun problème au journaliste qui a sorti l’information ni à l’homme politique qui l’a commentée. Personne n’a eu l’idée de remettre en cause leurs compétences respectives.
Pire, à la question de savoir si l’UMP accepterait de cohabiter avec François Hollande, Thierry Mariani pose comme une évidence la compétence des dirigeants de l’UMP à diriger le pays : La France est dans une telle situation aujourd’hui que je crois qu’il faut… j’allais dire… on n’aurait pas d’autre choix que d’assumer le pouvoir et en plus c’est une nécessité pour le pays (sic).
A aucun moment, le journaliste en question ne mettra en doute cette prétendue compétence de l’UMP. Rappelons à toutes fins utiles que l’UMP est un parti en faillite virtuelle, ce qui n’est pas la preuve d’une excellence en gestion. Certains de ses dirigeants, et non des moindres, font l’objet d’une instruction judiciaire pour corruption. L’organigramme du parti est non seulement une insulte faite aux femmes mais surtout un non-sens total. Et enfin, lorsque ce parti a organisé des élections en interne, ses propres dirigeants ont douté de leur régularité. Pourtant aucun journaliste ne remet en cause la compétence de ces dirigeants de l’UMP et leur prétention à diriger le pays.
Pire, lorsque l’on pose une question aux dirigeants de l’UMP sur le gouvernement Valls, ils répondent toujours sur le Parti Socialiste. Engoncés dans le carcan de leurs préjugés, leurs analystes politiques ne voint pas de différence entre le gouvernement et le Parti Socialiste. C’est pourtant le seul débat à gauche en ce moment. Vu de l’UMP, Sarkozy est compétent comme Valls est socialiste.