L’affaire Cahuzac : De Copé à Le Pen

Article publié en 2013

Tout a commencé par un banal divorce… comme dans l’affaire Taqyeddine.

Patricia Cahuzac prend comme avocat une spécialiste des divorces, Me Isabelle Copé, la sœur du président autoproclamé de l’U.M.P. Isabelle et Jean-François partagent le même bureau rue de l’Université à Paris. Il est évident que Me Isabelle Copé n’a jamais parlé d’une affaire en cours avec son frère, adversaire politique du mari que sa cliente veut divorcer.  D’autant plus qu’Isabelle Copé est elle-même soupçonnée d’avoir ouvert un compte en Suisse, justement pour le compte de son frère. Mais cela n’a jamais été prouvé. Jerôme Cahuzac ne sait évidemment pas si Isabelle Copé a un compte en Suisse. Comment pourrait-il le savoir ? Il est seulement  Ministre du Budget, en charge notamment de la fraude fiscale.  Et quand bien même l’aurait-il su, il s’interdirait d’utiliser cette information contre l’avocat de sa femme qui a droit à la moitié de ses avoirs, y compris de ses liquidités bancaires.

 Son éthique lui interdit formellement. 

De même, Jean-François Copé s’interdirait de demander à sa sœur des informations contre leur ennemi commun. Et quand bien même, il aurait eu des informations sur le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac, Jean-François Copé s’interdirait de les utiliser pour faire pression sur le Ministre du Budget dans l’affaire Taqiyeddine ou l’affaire Bettencourt pour aider son mentor Sarkozy ou même pour affaiblir un opposant politique. Ce serait de la politique politicienne et Jean-François Copé ne nage pas dans ce genre de piscine.

On nous a présenté Jérôme Cahuzac comme un ministre dont la compétence est au moins aussi grande que sa fortune accumulée. Il est tellement compétent que pour ouvrir un simple compte en banque, il doit demander de l’aide à un ami, Philippe Peninque.

Ca tombe bien, cet ami  est un avocat, basé à Genève; c’est aussi un homme compétent.  La preuve ?  Philippe Peninque est conseiller de Jean-Marie Le Pen et ancien leader du Groupe Union Défense (GUD, organisation étudiante d'extrême droite de la faculté d'Assas à Paris réputée pour ses actions violentes). 

 Evidemment, personne n’imagine que le leader du front National ait un compte en Suisse. Evidemment, non ! En aurait-il eu un que Jérôme Cahuzac, ministre du Budget extrêmement compétent l’aurait su et s’en serait servi contre son adversaire politique. Car rappelons-le, Jérôme Cahuzac est un homme de gauche. La preuve ? Il est au P.S.


Et au P.S. on est de gauche, pas d’extrême-droite. Certes ce parti fut fondé par un membre du gouvernement de Vichy décoré de la francisque. Certes le père du candidat socialiste aux deux dernières élections présidentielles était d’extrême droite. Mais est-on responsable des actions de ses parents ? Ce serait comme de reprocher à Manuel Valls d’être un copier-coller de ses prédécesseurs de la droite xénophobe au Ministère de l’Intérieur.  

Qui peut croire à une fable pareille ?

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