Déjà député il y a 33 ans, René Rouquet est un homme de convictions. Et il est député socialiste. Il a osé faire ce que peu de députés socialistes ont osé faire jusque-là. Il a voté CONTRE ; contre l’avis de son président, contre l’avis de son gouvernement, contre l’avis de son parti.
Avant, les frondeurs se contentaient de s’abstenir. René Rouquet a osé. Il a voté contre.
C’était donc possible !
Le problème, c’est qu’il l’a fait pour renier encore plus le contrat passé entre lui et ceux qui avaient voté pour lui.
René Rouquet a voté contre le texte No 439 adopté par l’Assemblée Nationale sur la reconnaissance française de l’Etat de Palestine. Il est le seul député socialiste à avoir agi ainsi.
Or, pour se faire élire député socialiste du Val de Marne, il avait envoyé un message fort à ses électeurs :
« En nous apportant votre confiance, vous serez assurés d’élire un Député déterminé à porter les 60 engagements présidentiels de François Hollande pour redresser la France. »
Vous avez bien lu : LES 60 ENGAGEMENTS PRESIDENTIELS DE FRANCOIS HOLLANDE !
Or, l’engagement présidentiel numéro 59 de François Hollande est clair :
« J’engagerai un retrait immédiat de nos troupes d’Afghanistan : il n’y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l’année 2012. Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. »
Vous avez bien lu : JE SOUTIENDRAI LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE DE L’ETAT PALESTINIEN.
Oui, évidemment, en politique, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
La constitution française ne permet pas encore au citoyen français de révoquer l’élu qui ne tient pas ses engagements de campagne pendant son mandat.
Désarmé, il ne reste plus au citoyen français qu’un droit de rappel, celui de rappeler à l’élu ses engagements de campagne, celui de dénoncer une publicité mensongère.
Alors oui René Rouquet est un menteur.
Est-il pour autant un escroc ? Hélas, en droit français, le fait de mentir ne suffit pas pour être défini juridiquement comme un escroc. Et nos hommes politiques le savent bien.
Non, il n’a pas utilisé un faux nom comme l’aurait fait une quelconque racaille de Neuilly.
Pour reprendre les termes de l’article 313-3 du code pénal qui définit l’escroquerie, il a certes trompé au moins une personne physique (les 16 826 électeurs qui ont voté pour lui sur la base de sa profession de foi). Il a effectivement promis de fournir un service qu’il n’a donc manifestement pas rendu. Mais pour être un escroc, encore faut-il en droit français en avoir l’intention.
Alors René Rouquet pourra toujours affirmé qu’il avait l’intention de voter cette reconnaissance de l’Etat de Palestine en 2012.
Il pourrait même affirmer qu’il en avait encore l’intention en 2013.
Encore plus fort, il pourra même affirmer que jusqu’au premier décembre 2014, il avait encore l’intention de voter ce texte.
Oui mais voilà, le 2 décembre, jour de coup d’état, il n’en a plus eu l’intention. Mais je suis sûr qu’une fois la résolution votée par ceux qui tiennent leur engagement, il aura de nouveau l’intention de voter cette reconnaissance de l’Etat de Palestine. Mais plus tard, sous d’autres conditions…
Alors non, René Rouquet n’est pas un escroc de la politique !