La Haute Autorité de l’U.M.P. a annoncé les résultats : Nicolas Sarkozy est élu président du parti. Alors heureux ? Pas tout à fait car une lecture plus minutieuse des résultats chiffrés de cette élection laisse pourtant perplexe.
1 + 1 = 2 sauf à l’U.M.P.
Le communique de La Haute Autorité du parti était pourtant explicite. Il donnait les résultats suivants :
- Electeurs inscrits : 268 236
- Votants : 155 851
- Bulletins blancs : 434
- Suffrages exprimés : 155 285
- Majorité absolue : 77 643
- Hervé MARITON : 9 809
- Nicolas SARKOZY : 100 159
- Bruno LE MAIRE : 45 317
D’emblée, on note qu’ils manquent 132 votes. Mais, à l’U.M.P., personne ne semble l’avoir remarqué encore. Il y a effectivement eu 155 285 suffrages exprimés et 434 votes blancs, ce qui, additionné, donne 155 719 votants. Or le chiffre des votants est de 155 851. Il manque donc 132 votes.
A l’U.M.P., les chiffres et leur gestion n’ont jamais été le point fort. Demandez-leur par contre le nombre de pains aux chocolats volés par des enfants musulmans en période de jeûne durant les vacances scolaires dans les écoles laïques de la république, et ils vous donneront le chiffre exact à la miette près. Mais le nombre de votants à l’élection la plus importante du parti, qui s’en soucie ?
C’est d’ailleurs l’autre leçon du résultat de cette élection, le militant U.M.P. a boycotté en grand nombre cette élection. Et si 100 159 militants ont effectivement voté pour Nicolas Sarkozy, 112 385 frondeurs ont préféré s’abstenir.
62,66% des militants U.M.P. n’ont pas voté Sarkozy
Nicolas Sarkozy a été élu par 37, 34 % de ses propres militants. C’est d’ailleurs par un score à peu près semblable qu’il avait été battu à l’élection présidentielle. Il avait alors obtenu le vote de 36,6 % des inscrits. Les militants U.M.P. sont donc à l’image du reste des français, ils ne sont pas convaincus par celui qui prétend rassembler la droite.
L’abstention reste le grand vainqueur de cette élection. Si l’on peut comprendre une abstention lors d’une élection générale, on peut et on doit s’interroger sur l’abstention à l’intérieur d’un même mouvement d’idées. Que signifie une abstention de celui qui s’engage politiquement et paie de ses deniers ce dévouement politique ? Au parti socialiste, on appelle cela une fronde. Pas à l’U.M.P. où l’on feint d’ignorer ce haut niveau d’abstention. L’inénarrable Sarkozy, qui excelle dans ce genre d’exercice, se félicitera même de cette mobilisation, d’un niveau inégalé dans l’histoire de notre mouvement, la meilleure réponse à deux années de querelles internes et de divisions. ( sic )